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Avant le coronavirus, Airbnb a quasiment doublé ses pertes fin 2019

Le chemin jusqu’à Wall Street s’annonce particulièrement difficile pour Airbnb. Alors que l’épidémie de coronavirus Covid-19 devrait lourdement peser sur les résultats de la plateforme de réservation d’hébergements entre particuliers, celle-ci a essuyé des pertes conséquentes au dernier trimestre 2019. 

Ainsi, avant même de subir les effets de la crise sanitaire mondiale actuelle, la licorne américaine a presque doublé ses pertes au quatrième trimestre 2019. Elles se sont élevées sur la période à 276,4 millions de dollars, avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements, contre 143,7 millions de dollars un an plus tôt, selon une source proche du dossier citée par Bloomberg. L’entreprise avait déjà enregistré une perte nette de 322 millions de dollars sur les neuf premiers mois de l’année 2019 alors qu’elle avait réalisé un bénéfice de 200 millions de dollars l’année précédente.

Par ailleurs, le chiffre d’affaires du groupe a augmenté de 32% pour atteindre 1,1 milliard de dollars au quatrième trimestre 2019. De plus, Airbnb dispose d’un matelas confortable avec une trésorerie de plus de 2 milliards de dollars, lui octroyant de fait une marge de manœuvre suffisamment importante pour faire face aux événements. Cette réserve devrait d’ailleurs être utile à la plateforme au cours du premier semestre 2020.

Vers un report de l’entrée en Bourse 

Les pertes importantes d’Airbnb sont essentiellement à mettre au crédit des lourdes dépenses marketing engagées pour séduire de nouveaux clients avant l’entrée en Bourse, initialement programmée cette année. L’an passé, la licorne américaine valorisée 31 milliards de dollars a passé la barre symbolique du demi-milliard de voyageurs accueillis depuis sa création. La plateforme ambitionne d’accueillir un milliard de voyageurs par an d’ici 2028. 

Cependant, la flambée des coûts inquiète le board et les investisseurs. Et pour cause, ces derniers prêtent de plus en plus d’importance à la rentabilité de l’entreprise après une année 2019 marquée par l’IPO avortée de WeWork et les débuts laborieux d’Uber à Wall Street. Ainsi, si Airbnb est parvenu à être rentable sur une base d’EBITDA, soit les bénéfices avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements, durant deux années consécutives, en 2017 et 2018, ce n’est pas le cas en 2019. Un mauvais signal envoyé aux investisseurs. Dans ce contexte, il est de plus en plus probable qu’Airbnb repousse son entrée en Bourse à 2021, surtout avec l’épidémie de coronavirus Covid-19 qui devrait noircir son tableau au premier trimestre 2020.

Le coronavirus, nouveau caillou dans la chaussure d’Airbnb 

Alors que le nouveau coronavirus circule désormais dans plus d’une centaine de pays, Airbnb prévoit malgré tout une hausse de 25% de ses revenus sur les trois premiers mois de l’année, selon la source citée par Bloomberg. Une prévision qui paraît assez surréaliste compte tenu des dégâts économiques engendrés en Chine, en Corée du Sud et en Italie, les pays plus touchés par la crise sanitaire actuelle et qui représentent un manque à gagner conséquent pour la firme américaine. 

La crise devrait impacter Airbnb bien au-delà du premier trimestre puisque l’Italie est actuellement entièrement confinée et Donald Trump a fermé les États-Unis aux étrangers venant d’Europe pour 30 jours, sans compter les vols annulés vers les foyers de contagion par de nombreuses compagnies aériennes, les hôtels fermés ou les déplacements professionnels réduits, voire totalement annulés. En Chine, où l’épidémie est née, la situation est critique pour l’entreprise californienne dans la mesure où les réservations prévues pour février et mars ont baissé de plus de 90% par rapport à l’année précédente. 

Les réservations d’Airbnb en chute libre en Chine 

Face à cette situation de crise sans précédent, la plateforme américaine a réagi en indiquant qu’elle allait faciliter les remboursements pour les réservations effectuées dans les régions les plus gravement touchées par l’épidémie, c’est-à-dire la Chine, l’Italie et la Corée du Sud. Airbnb a indiqué que les voyageurs concernés recevront un remboursement intégral, tandis que les hôtes ne subiront aucun frais d’annulation. 

Contrairement aux hôtels qui échangent directement avec leurs clients, Airbnb doit en effet gérer la situation à deux niveaux. Pour chaque annulation approuvée pour un voyageur, la firme américaine doit également gérer l’hôte à l’autre bout de la chaîne. Et avec les nouvelles restrictions de voyage et les autres mesures qui vont impacter le secteur du tourisme, Airbnb n’est probablement qu’au début d’un casse-tête très complexe. «Bien que personne ne puisse connaître l’étendue de l’impact que l’épidémie de coronavirus peut avoir, nous pensons que l’histoire montre que lorsque des perturbations mondiales se produisent, l’industrie du voyage a rebondi à long terme», assure cependant Nick Papas, porte-parole d’Airbnb. 2020 n’a même pas commencé depuis trois mois qu’elle risque déjà d’être une année noire pour Airbnb…

Maxence Fabrion

Journaliste chez FrenchWeb - DECODE MEDIA

Un commentaire

  1. C est bien beau de louer Airbnb .mais les personnes qui vivent dans les copro ne savent pas si les gens n ont pas le virus..trop facile le système . On doit subir et rien dire….bien le développement du virus .

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