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Comment Danone, Renault et les autres industries se préparent aux objets connectés

L’interoperabilité des systèmes sera l’un des principaux enjeux

[publié le 6 décembre 2013]

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« Notre vision a changé depuis dix ans. La connexion des objets n’est plus l’objectif aujourd’hui » affirme Rafi Haladjian, le fameux entrepreneur connu pour la création de produits innovants comme le « lapin communiquant » Nabaztag ou, plus récemment, Mother, une poupée intelligente qui « prend soin de votre sécurité, votre forme, votre confort et vos petits plaisirs » sans même que vous n’ayez à vous en occupez ». Le nom n’a pas été choisi au hasard.

Huit années séparent les deux produits et leur transformation confirme ce que le serial innovateur – venu présenter son dernier-né à l’occasion du Marketing Mobile Association Forum qui, après Pékin, New-York, Londres et Singapour, se tenait hier en région parisienne – perçoit comme évolution de marché. Auparavant, « entre l’utilisateur, la donnée et l’information, il y avait un objet. Jamais le comportement de l’utilisateur n’était capté » explique M. Haladjian devant l’auditoire attentif. « Puis est né ce fantasme de communiquer avec les objets ».

Nous arrivons à la fin de cette ère des objets. De plus en plus d’appareils viennent se fondre dans la vie des utilisateurs. Ce ne sont donc plus des objets en tant que tels, ils captent désormais l’information par eux-même. Ils sont native.

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Plus concrètement, alors que l’intelligence de l’utilisateur décidait jusqu’à présent de ce que faisait la machine – celle-ci ne faisant alors qu’exécuter des tâches à partir des indications fournies – les objets sont appelés à devenir autonomes, à apprendre par eux-mêmes et s’adapter en conséquence selon le fondateur de Sens.e.

L’interoperabilité des systèmes

« Une famille de petits capteurs, des motion cookies, sont placés sur des tas d’objets utilisés dans votre vie quotidienne. Ils pourront tout savoir de vous, sans avoir à besoin à appuyer sur un bouton ou un autre. Ils vous surveilleront et analyseront tout. Nous cherchons donc à repousser sans cesse l’autonomie de la batterie pour que chaque utilisateur puisse vraiment les oublier » ajoute-t-il.

Les objets ne parleront cependant pas les uns avec les autres, du moins pas directement, rassure Rafi Haladjian sur les questions relatives à la vie privée. Ils déposeront leurs dossiers dans l’Internet où les protocoles et les standards d’échange existent depuis longtemps. Il faudra alors distinguer deux types d’acteurs : les industries qui généreront des revenus par la vente de matériels innovants de celles qui vivront du traitement et de la commercialisation des données.

Surveiller l’hydratation ou le cholestérol 

Dans les deux cas, le défis majeur du secteur sera l’interopérabilité selon Philippe Raynaud, qui travaille à la Digital Factory de Renault, venu parler de la voiture connectée. « Les gens ne veulent pas avoir à synchroniser de façon lourde leurs différents systèmes ». « Toute l’intelligence est dans le cloud et dans l’interoperabilité des clouds pour générer des cas d’utilisation utiles pour les clients » affine un autre intervenant. S’il rappelle que l’industrie automobile se doit d’être en pointe sur ce dossier, il explique qu’elle est cependant confrontée à des acteurs qui pèsent bien plus lourds qu’elle. Difficile de se battre face à Google ou Apple. Mais chacun veut tester, essayer, expérimenter.

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« Nous avions lancé une smart drop« , un objet connecté collé sur le réfrigérateur qui commande automatiquement de nouveaux packs d’Evian lorsque le besoin se présente. Le responsable des médias sociaux et des objets connectés chez Danone reconnaît cependant que l’opération relevait plus de la communication que d’une vision industrielle. Il confirme toutefois que le groupe agroalimentaire se penche très sérieusement sur la question de l’intelligence des objets, notamment en ce qui concerne la surveillance de l’hydratation ou du cholestérol. Nous n’en saurons pas plus, mais des progrès seraient à venir. Toutes les industries semblent avoir un intérêt.

Voitures connectées, santé… travailler avec la Cnil sur les données privées

« Plus la multiplicité d’objets est grande, plus il y aura des cas d’utilisation possibles car nous touchons à la vie quotidienne » analyse Vincent Ruf, de Zenbox, une solution de suivi des consommations d’énergie, qui travaille sur « un projet de station météo connectée qui contrôlera, par exemple, les volets et adaptera automatiquement le chauffage pour éviter le gaspillage ».

Difficile cependant d’éviter les questions relatives à la vie privée. Pour Olivier Rouxel, chargé de mission au ministère du Redressement productif, pas de doute, il faut travailler en amont. « Il vaut mieux amorcer une réflexion avec la Cnil pour déboucher sur des solutions plutôt que de l’avoir comme ennemie dans quelques années ». Une démarche tout à fait conciliable avec l’innovation selon lui. « Nous l’avions fait à l’époque avec les puces RFID » conclut-il.

Crédits photos : Frenchweb, Sen.se, Danone
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Olivier Harmant

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2 thoughts on “Comment Danone, Renault et les autres industries se préparent aux objets connectés”

  1. Assez naïfs pour croire que la mince couche de la classe moyenne, bouffée par la pauvreté, ira s’encombrer de gadgets digne des années 90.

    Que le PDG de Danone reprenne sa stratégie d’essayer de vendre l’eau à prix spéculatif.

    Bientôt connecté dans ma cuisine :
    http://www.evropafilmakt.com/2013/wp-content/gallery/films/1984.jpg

    (Peu importe comment vous essayez de le tourner, algorithmes de calcul, pas de vidéo ni de micro, l’étude de ma personne SUR N’IMPORTEQUEL ASPECT est faite dans l’unique but de m’amener à contrôler ma consommation, mes actes.) Défi et l’originalité n’est pas le pari sur cheval.

    Commerçants, vous avez oublié depuis longtemps les racines de votre métier. Non plus attractifs, vous êtes intrusifs pour conserver votre monopole, la novlangue n’arrangera rien.

  2. Mouai dans le cadre du projet SARAH, j’essaye désespérément de connecter la Renault Zoé (http://encausse.wordpress.com/2013/10/27/en-voiture-sarah-prepare-la-renault-zoe/) à tout mon ecosystème d’objets connectés. Mais Renault à décidé de ne pas ouvrir ses APIs super pour l’interopérabilité …

    Mother semble être la version européen de Smarthing ? Une box et des capteurs « générique ». mais visiblement la vrai interopérabilité n’est toujours pas là. Sauf si j’ai raté quelque chose.

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