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Deezer fait marche arrière sur son entrée en Bourse, à cause de ses faiblesses?

Deezer a fait volte-face et a décidé de reporter son introduction en Bourse. Le service de musique en streaming, qui évoque des «conditions de marché» pour expliquer sa décision, n’a pas réussi à convaincre ses premiers souscripteurs. En arrivant sur Euronext ce mercredi 28 octobre, la société comptait lever environ 300 millions d’euros auprès de ses investisseurs lui permettant de se placer «à l’avant-garde de la révolution musicale», comme l’espérait Hans-Holger Albrecht, le directeur général de Deezer. Ce sont 8,2 millions d’actions au total qui auraient dû susciter la convoitise, à un prix fixé entre entre 36,20 et 49,24 euros.

Pour expliquer ce retournement de situation, l’argument de la compétition sur le marché du streaming est le plus fréquemment avancé. Depuis sa sortie, le service Apple Music et sa base d’utilisateurs d’origine est redoutée par tous les acteurs du streaming. Pour y faire face, des acteurs comme Pandora choisissent d’ailleurs de repenser leur stratégie et de diversifier leurs revenus.  Les difficultés rencontrées par l’Américain Netflix à recruter de nouveaux abonnés sur son propre marché ont pu également refroidir les investisseurs.

Des perspectives moins solides que prévues?

Au-delà de ces conditions exogènes, dans ses négociations préalables, Deezer a pu aussi être sanctionné pour ses faiblesses. Côté abonnés, Deezer en compte aujourd’hui 1,5 millions auxquels s’ajoute une grande majorité (4,8 millions) qui proviennent des accords passés avec les opérateurs. Aussi, Deezer voit ralentir la croissance du nombre de ses abonnées. Entre 2012 et 2013, le service annonçait être passé de 2 à 5 millions d’abonnés. Aujourd’hui, si les chiffres sur ses taux de résiliation ou de renouvellement ne sont pas publics, force est de constater le ralentissement sur ces deux dernières années.

Parmi les faiblesses de Deezer, les investisseurs ont pu aussi remettre en doute sa capacité à s’internationaliser, quand plus de la moitié (52%) de ses revenus ont été réalisés en France en 2014. Parallèlement, le Suédois Spotify et ses 20 millions d’abonnés faisait, entre 2013 et 2014, une véritable percée sur le marché américain avec +81% sur le nombre de ses abonnés.

Enfin, en 2014, la société enregistrait plus de 27 millions d’euros de pertes en raison de ses besoins pour financer la croissance. Des dépenses auxquels sont confrontés tous les acteurs du streaming; Spotify étant allé chercher 115 millions de dollars à l’été auprès des investisseurs. Le chiffre d’affaires de Deezer était lui toutefois en croissance de 53% l’an passé, à 142 millions d’euros.

Reste que Deezer ne peut se soustraire au besoin de nouveaux fonds. «La société évaluera ses différentes options de financement dans le futur», a ajouté le groupe dans un communiqué. Après cette déconvenue, il entend aussi «poursuivre sa stratégie de croissance».

Présent dans 180 pays, l’évolution de Deezer est suivie de près par ses investisseurs historiques que sont l’homme d’affaires Len Blavatnik, d’Access Industries, avec 27% des parts du groupe, les maisons de disques Warner Music, Sony Music, EMI et Universal Music VIV.PA qui possèdent 15% des parts, Orange (10%) et Xavier Niel (4%).

Lire aussi : 7 chiffres révélateurs sur les forces et les faiblesses de Deezer

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Jeanne Dussueil

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