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Frontline Ventures lance un fonds de 80 millions de dollars pour aider les startups américaines à prendre leur envol en Europe

Bien que les GAFA se portent très bien en Europe, irritant au passage nombre de nombreux dirigeants, d’autres entreprises américaines peinent parfois à se développer sur le Vieux Continent. Pour changer la donne, le fonds Frontline Ventures lance un nouveau véhicule d’investissement de 80 millions de dollars. 

Baptisé «Frontline X», ce fonds injectera des tickets pouvant aller jusqu’à 5 millions de dollars dans des entreprises B2B américaines souhaitant prendre leur envol en Europe. Aux côtés d’investisseurs plus imposants, comme Andreessen Horowitz par exemple, le fonds participera ainsi à des tours de table en série B, C et D. Cette approche tranche avec celle de nombreux fonds européens comme Atomico qui aide les start-up du Vieux Continent à prendre leur envol à l’internationall. Dans ce sens, le fonds londonien a d’ailleurs lancé le mois dernier un fonds de 820 millions de dollars.

Dirigé par Stephen McIntyre, un ancien de Twitter et Google, et Brennan O’Donnell, passé lui aussi par Google, Frontline X estime que la plupart des stratégies go-to-market des entreprises américaines sont défectueuses, ce qui se traduit par des pertes d’argent conséquentes quand elles se développent en Europe. «Nous avons compilé le meilleur des logiciels B2B et observé qu’au moment où une entreprise devient publique, 30% de ses revenus devraient provenir d’Europe. Mais même les plus grands noms de la technologie n’y parviennent pas en raison d’erreurs évitables lorsqu’ils atterrissent en Europe. Nous avons tirer des leçons d’une expansion internationale compliquée en tant qu’opérateurs. La bonne nouvelle est que la plupart de ces problèmes sont connus et résolubles», explique Stephen McIntyre, Partner chez Frontline Ventures.

TripActions, l’exemple à suivre 

Frontline X a déjà réalisé plusieurs investissements, notamment dans la start-up américaine TripActions. Le fonds a ainsi participé à la série B de 51 millions de dollars de la jeune pousse californienne, qui développe une plateforme pour simplifier la réservation de voyages d’affaires. Depuis cette opération, TripActions a réalisé d’autres tours de table qui ont porté sa valorisation à 4 milliards de dollars. 

«Nous sommes passés de 0 à 150 personnes en Europe, avons bâti une culture de classe mondiale et gagné un partenaire stratégique majeur, le tout en 18 mois. Un démarrage aussi rapide n’est possible que si vous mettez en place des bases solides – et Frontline a contribué à nous aider à le faire. Ils ont été une source cruciale de conseils go-to-market, ils ont présenté plusieurs candidats de qualité de leur réseau local – des directeurs généraux aux ventes en passant par les finances – et Stephen (McIntyre, ndlr) a même coaché ​​l’un de mes vice-présidents pendant six mois. L’expérience opérationnelle de Frontline en Europe a rendu les conseils pragmatiques et exploitables», indique Ariel Cohen, le patron de TripActions.

A ce jour, Frontline Ventures a investi dans plus de 60 entreprises au total. L’une de ses plus belles réussites est l’exit de Pointy, start-up irlandaise qui développe une technologie pour aider les petits commerçants. Et pour cause, cette dernière a été rachetée par Google en début d’année pour 163 millions de dollars. Après avoir aidé les start-up européennes à se développer sur le marché américain, Frontline Ventures veut épauler les start-up américaines dans leur traversée de l’Atlantique. Un saut indispensable pour être une société d’envergure mondiale.

Maxence Fabrion

Journaliste chez FrenchWeb - DECODE MEDIA
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