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Les patrons de TF1, France Télévisions et M6 quittent déjà la gouvernance de Salto

Moins de cinq mois après son lancement, il y a déjà du mouvement au sein de l’état-major de Salto, la plateforme de streaming de TF1, France Télévisions et M6. En effet, Delphine Ernotte (France Télévisions), Gilles Pélisson (TF1) et Nicolas de Tavernost (M6), les dirigeants des trois groupes audiovisuels français à l’origine de ce nouveau service de vidéo à la demande, ont démissionné du conseil de Salto, selon une information dévoilée par Le Figaro.

Par conséquent, Gilles Pélisson délaisse son poste de président du conseil de surveillance de Salto pour lequel il avait été élu en septembre 2019 pour un mandat de deux ans. Il était aux commandes de la plateforme avec Thomas Follin (ex-M6), qui conserve quant à lui ses fonctions à la direction opérationnelle de Salto. C’est désormais Philippe Denery, le directeur financier du groupe TF1, qui endossera le costume de président du conseil de Salto, selon Le Figaro. Par ailleurs, le journal indique que les sièges laissés vacants sont remplacés par Didier Casas, secrétaire général du groupe TF1, Francis Donnat, secrétaire général du groupe France Télévisions, et Henri de Fontaines, directeur de la stratégie et du développement du groupe M6.

Ce départ prématuré du trio à l’origine du projet n’est cependant pas une surprise totale, en raison des nombreuses contraintes imposées par l’Autorité de la concurrence. La faute notamment à Free qui avait déposé début 2020 un recours devant le Conseil d’État contre l’autorisation délivrée par l’Autorité de la concurrence pour le lancement de Salto. Free craignait que les trois groupes ne favorisent Salto au détriment des autres distributeurs, à travers notamment des tarifs favorables pour la vente des chaînes.

Free dénonçait un «cartel» entre les trois groupes audiovisuels

Devant les craintes émises par l’entreprise de Xavier Niel, l’Autorité de la concurrence avait imposé certaines conditions pour éviter cela : les conditions de vente des chaînes devront être «objectives et non-discriminatoires» c’est-à-dire que le prix devra être similaire et ne devra pas favoriser Salto. TF1, France Télévisions et M6 se sont également engagés à «limiter les possibilités de promotion croisée entre leurs chaînes et la plateforme Salto». 

De plus, si Salto devenait annonceur sur TF1, France Télévisions et M6, cela se ferait aux même conditions commerciales que les autres acheteurs d’espace publicitaires. L’Autorité de la concurrence avait également contraint la plateforme, si elle bénéficie en avant-première d’innovations en matière de services mais aussi de fonctionnalités, à ce que cette exclusivité soit limitée dans le temps. Insuffisant pour Free et Xavier Niel qui ont dénoncé un «cartel» entre les trois groupes audiovisuels représentant «80% de l’audience» dans un courrier envoyé à l’Autorité de la concurrence. Les soupçons d’entente entre les trois poids lourds de l’audiovisuel français ont donc fini par avoir raison de la présence de leurs patrons dans la gouvernance de Salto.

Un mois après le lancement de la plateforme, Le Figaro révélait qu’elle avait attiré 100 000 utilisateurs lors de ses trois premières semaines d’exploitation. Un démarrage prometteur, mais la route est encore très longue pour rivaliser avec Netflix. Au dernier pointage, la plateforme américaine comptait 6,7 millions d’abonnés en France. Salto mise sur un accès à 10 000 heures de programmes (15 000 en 2021) pour engranger des abonnés, avec notamment des avant-premières et des exclusivités.

Lire aussi : Quelle place pour Salto, la plateforme de streaming de TF1, France Télévisions et M6, face à Netflix ?

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