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Pour les fonds de private equity, la data… c’est du sérieux

Depuis la crise financière de 2008, les réglementations encadrant les activités d'investissement se sont durcies, imposant plus de transparence aux fonds de private equity. Les premiers effets sur les relations entre les fonds et leurs investisseurs s'en font sentir, selon l'étude EY «Disruption, a seismic shift in the private equity industry» publiée début avril. Pour réaliser cette étude, EY a interrogé 103 fonds de private equity, et 88 investisseurs (essentiellement des fond de pension, des institutions financières, et des fonds de fonds). 

On y apprend qu'en 2015, 45% des investisseurs attendent en effet plus de reporting de la part des fonds de private equity, soit 4 fois plus que l'année précédente (ils n'étaient que 11% en 2014). Ils ne sont en revanche plus que 40% à attendre des fonds de private equity une stratégie d’investissement claire, contre 64% l’année précédente. 

La gestion des données, un défi pour 63% des professionnels du private equity

Malgré le renforcement de la réglementation qui encadre cette activité, le private equity reste l’un des produits privilégiés des investisseurs (pour 47% des répondants), bien avant les infrastructures (21% des répondants, +11 points par rapport à 2014), et avant l’immobilier (16%, -10 points comparé à 2014). 

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Sans surprise, la surveillance des fonds de private equity s'est accrue: le nombre de fonds audités a pratiquement doublé entre 2013 et 2015 (passant de 28% des fonds à 47% d'entre eux).

Interrogés sur la question de leur principal défi aujourd'hui, les managers des fonds déclarent à 63% être confrontés à la problématique de la collecte et de l’analyse des données nécessaires au reporting.

Le Top 5 des informations demandées par les investisseurs au fonds

Parallèlement, les investisseurs déclarent être globalement peu satisfaits des retours qu’ils ont de la part de leurs partenaires (ils sont 44% à ne pas être satisfaits des informations qu'ils obtiennent suite aux opérations avortées, et 42% concernant les informations reçues lors de réunions annuelles). 

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Les informations les plus souvent demandées par les investisseurs portent sur les équipes d’investissement (à 85%), les conflits d’intérêts auxquels ils pourraient être confrontés (à 83%), ainsi que la taille des services financiers (à 83% également). Les fonds de private equity transmettent en priorité les informations portant sur leurs équipes d’investissement (à 80%), sur les résultats des audits réglementaires (76%) ainsi que sur la taille des services financiers (74%) et sur les conflits d’intérêts (73%). 

Des fonds dépendants des compétences qu'ils ont déjà en interne

Interrogés sur la manière dont ils collectent et analysent les données, les fonds de private equity privilégient des tableurs, quelle que soit le type de problématique à traiter (pour des questions de valorisation à 68%, pour analyser leur portfolio à 58%, pour la gestion du risque à 41%). On notera que seuls 48% d'entre eux utilisent un outil digital pour gérer leurs relations avec les investisseurs.

Face à ce besoin d'automatiser la gestion des datas pour passer à l’échelle supérieure, 59% des professionnels du private equity comptent sur les compétences de leurs équipes. La gestion des relations avec les investisseurs en est un bon exemple: une nouvelle personne n'est recrutée que dans 25% des cas pour gérer ces questions. 

Comment les fonds de private equity motivent-ils leurs collaborateurs dans ce contexte? Ils privilégient des augmentations de salaires à 67%, proposent des bonus à 58%, et des plans d’intéressement à 52%. Ils ne sont qu’un tiers à proposer à leurs salariés des formations, ou bien du coaching en interne.

Les freins à l’implémentation de solutions technologiques

61% des fonds de private equity estiment qu'il n'existe aujourd'hui pas de solution technologique adaptée à leurs besoins en matière de gestion des données. 

S'ils devaient déployer un outil technologique pour gérer leurs données, 61% des répondants du monde du private equity redoutent la gestion de l'ensemble des datas collectées par tous leurs collaborateurs, et 43% craignent un coût de maintenance élevé. 

Les investisseurs, quant à eux, seraient plutôt favorables au fait de recevoir leurs rapports via des portails digitaux (à 87%). Ils ne sont pourtant que 7% à être satisfaits des décisions prises par les fonds de private equity en matière de cybersécurité. 

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*Méthodologie:  EY, en partenariat avec Private Equity International, a interrogé 103 fonds de private equity et 88 investisseurs, entre août et décembre 2015 à travers le monde. 38% des investisseurs travaillent au sein de fonds de pension, 29% au sein d’institutions financières, 24% au sein de fonds de fonds, 5% au sein de family offices et 4% au sein de fonds souverains.

VOIR l'étude complète:

Crédit photo: Fotolia, banque d'images, vecteurs et videos libres de droits
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Microsoft Experiences les 3 et 4 octobre 2017

Claire Spohr

Chargée d'études au sein de la rédaction.

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