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Quelle trajectoire pour Jellyfish après sa fusion avec Tradelab (Fimalac) ?

Interview de Sandrine Reinert, directrice générale de Jellyfish France

Fin 2019, Fimalac, la holding de Marc Ladreit de Lacharrière, frappait un grand coup sur le marché du marketing digital en fusionnant sa filiale Tradelab avec le groupe britannique Jellyfish. Avec cet ensemble valorisé à 580 millions d’euros au moment de cette opération, l’objectif affiché était de devenir un leader mondial du secteur. Sur son segment d’activité, Jellyfish doit faire face à une vive concurrence, notamment celle de S4 Capital, le groupe lancé par Martin Sorrell, l’ancien patron de WPP, et, de manière plus large, celle de cabinets de conseil comme Accenture ou Deloitte qui accompagnent leurs clients dans leur transformation digitale.

Sandrine Reinert, directrice générale de Jellyfish France, revient sur ce rapprochement et expose la stratégie de l’entreprise pour relever les défis du secteur :

Aujourd’hui, Jellyfish épaule des marques dans leur stratégie de marketing digital, à l’image de Samsung, Uber, Spotify, eBay ou encore Nestlé. Dans ce cadre, le groupe britannique s’appuie sur des partenaires technologiques comme Google, Facebook et Salesforce, de manière à proposer une offre complète de solutions data-driven by design à ses clients. Pour se renforcer, Jellyfish a également mis en place une stratégie de croissance externe. Dans ce sens, le groupe dirigé par Rob Pierre a ainsi annoncé une série d’acquisitions ces derniers mois pour élargir son champ de compétences et de technologies, mais pour aussi pour s’étendre à l’échelle internationale. A cette occasion, Jellyfish a notamment opéré un rapprochement avec la start-up française Seelk, acquise par la holding Fimalac en 2019. Cette société développe une plateforme pour aider les marques à se développer sur Amazon.

La fin des cookies est-elle un danger pour le secteur ?

Et pour cause, l’e-commerce est plus que jamais un levier d’acquisition indispensable pour les marques en raison de la crise du coronavirus. La pandémie a en effet bouleversé les habitudes des consommateurs et accéléré l’adoption du commerce en ligne. Mais le changement ne provient pas seulement de la crise sanitaire actuelle, il est aussi amplifié par Google, qui prévoit de mettre en œuvre un nouveau système de ciblage publicitaire. Or ce dernier signifierait l’abandon des cookies tiers, ces traceurs qui permettant de vendre des espaces publicitaires ultra-personnalisés. Début 2020, la firme américaine avait ainsi indiqué qu’elle souhaitait se débarrasser des cookies tiers dans son navigateur Chrome à l’horizon 2022. De quoi susciter de nombreuses inquiétudes dans les rangs des annonceurs qui craignent de ne plus disposer de données fiables pour atteindre les consommateurs, sans compter que le nouveau dispositif de Google pourrait renforcer sa domination sur le marché de la publicité digitale qu’il domine très largement avec Facebook.

Pour autant, ce changement de paradigme peut être l’occasion pour tous les acteurs du marketing digital de repenser leur approche pour cibler les internautes. «On est à un moment où on va rationaliser les besoins et se recentrer sur les priorités. On aura moins de données, mais peut-être qu’on pourra mieux les utiliser», estime Sandrine Reinert, directrice générale de Jellyfish France. Le marketing digital s’apprête à entrer dans une ère mettant en avant une donnée plus qualifiée, plus restreinte et plus efficace, et cela devrait secouer les acteurs du marketing digital dans les prochains mois. Mais ce bouleversement, propice à la consolidation du marché, pourrait bien être salvateur pour un secteur critiqué pour la boulimie de données qui étaient utilisées jusque-là. Un sacré défi pour Jellyfish alors que «les marques ont pris de conscience qu’il faut reprendre la main sur cet écosystème et sur ce marketing digital pour prendre les bonnes décisions».

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