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Sénamé Koffi Agbodjinou, l’architecte et anthropologue qui pense la Smart City africaine

Sénamé Koffi Agbodjinou, d’origine togolaise, dessine le futur. À la fois architecte et anthropologue, il a créé la plateforme « L’Africaine d’Architecture » qui pense notamment la Smart City de demain, celle qui correspondrait vraiment aux sociétés d’Afrique de l’Ouest. Il a aussi lancé les WoeLabs, des incubateurs réellement ouverts à tous. Il fait partie des intervenants qui ont pris la parole lors de la dernière édition de L’Échappée Volée, devenue Boma France Festival, qui s’est déroulée les 4 et 5 juillet à la Seine Musicale.

« L’Africaine d’architecture est une plateforme de recherche indépendante et collaborative sur les questions d’architecture et de la ville africaine. Nous essayons de développer ce que nous appelons l’approche néo-vernaculaire. Elle consiste à étudier l’ancien pour comprendre le potentiel des vieilles pierres et voir comment cela peut être utile pour faire du bâtiment très moderne et d’aujourd’hui », explique Sénamé Koffi Agbodjinou. Via cette approche, il s’agit aussi grâce à la révolution digitale de faire contribuer tout le monde à la définition et à la production de la ville de demain.

Des enclos d’initiation 2.0

Ce projet est donc relié à une autre de ses créations : les Woelabs. L’idée est d’en faire « des réseaux de lieu qui fonctionneraient comme des enclos d’initiation 2.0 où on regrouperait des jeunes et où on les initierait rapidement aux nouvelles technologies », explique Sénamé Koffi Agbodjinou. Il en existe pour l’instant deux au Togo. Les habitants s’y rendent donc pour développer des projets autour de problématiques urbaines. Par exemple, pour adresser la question des déchets en ville, l’un d’eux a créé une imprimante 3D élaborée à partir de déchets informatiques recyclés.

À terme, le but est de construire une ville hautement technologique mais pensée et façonnée par la population elle-même. « En Afrique, il y a deux urbanismes. Un urbanisme réglementaire, qui vient d’en haut, et un urbanisme spontané qui est pris en charge par le secteur informel, rappelle Sénamé Koffi Agbodjinou. C’est l’urbanisme des gens de tous les jours qui transforme complètement la ville mais d’une façon qu’on peut appréhender comme chaotique. Avec la révolution digitale, des dispositifs un peu spontanés peuvent aujourd’hui être professionnalisés rapidement avec des technologies de moins en moins chères et de plus en plus disponibles avec des savoirs qui sont disponibles en source ouverte sur Internet ».

Retrouvez l’interview complète de Sénamé Koffi Agbodjinou : 

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Innocentia Agbe

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