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[Start Me Up] Bien choisir sa plate-forme de crowdfunding

Le 1er octobre 2014 entrera en vigueur la nouvelle réglementation en matière de crowdinvesting. De nouveaux acteurs apparaissent, le marché du financement participatif est en train de ce structurer. 66,4 millions d’euros ont été collectés sur ces plateformes au premier semestre 2014 d’après l’association Financement Participatif France.

Véritable alternative au financement bancaire classique, le crowdfunding a de quoi séduire les entrepreneurs. Mais quelle plate-forme choisir ? Avant de se lancer pour la première fois, FrenchWeb fait le point sur le sujet :

Avant tout: le crowdfunding est-il vraiment la bonne solution de financement pour mon projet ?

Le financement participatif se prête particulièrement aux projets B to C pour lesquels il est nécessaire de tester l’intérêt de  consommateurs. «Aller sur une plate-forme de don ou de prévente du type Kickstarter permet de réaliser une sorte d’étude de marché mais attention, par le crowdfunding, on ne finance qu’un produit mais pas une entreprise» rappelle Dominique Stucki, avocat associé au sein du cabinet Virgile avocats et auteur d’un ouvrage qui vient tout juste de paraître chez Eyrolles intitulé «Financer une entreprise par le crowdfunding, les nouvelles règles du crowdinvesting». «Avant de s’engager sur une plate-forme de cette nature, il faut se renseigner sur les chances de succès de la campagne, car l’une des difficultés sera de parvenir à être visible parmi une multitude d’autres projets» conseille Dominique Stucki. A titre d’exemple, 43% des projets hébergés sur Kickstarter atteignent leur objectif, contre 55% sur Kisskissbankbank selon les données fournies par ces plates-formes.

Pour se financer via le crowdfunding, mieux vaut ne pas avoir besoin des fonds dans l’urgence: il peut se passer jusqu’à trois mois avant de récolter les bénéfices d’une campagne. Dernier avertissement: une campagne de crowdfunding nécessite d’en dire beaucoup sur le projet ou le produit en cours de développement : «Vous êtes obligés de vous mettre à poil, de donner de nombreuses informations, ce qui peut s’avérer risquer dans le cas où les porteurs de projets font face à un environnement très concurrentiel. Bref, la campagne de crowdfunding doit être intégrée à la stratégie marketing» prévient Thomas Serval, ancien de chez Google et Microsoft, ayant levé 108 000 euros en mai sur Kickstarter pour son projet de brosse à dents connectée Kolibree.

Si le crowdfunding est effectivement compatible avec le projet…

Combien est-ce que je cherche à lever ?

Certaines plates-formes permettent de financer un projet à hauteur de quelques dizaines de milliers d’euros, d’autres peuvent permettre de lever jusqu’à 1 million d’euros ! Tout dépend du projet…

La Banque publique d’investissement conseille: pour les projets à moins de 100 000 euros, de privilégier a priori les plates-formes de dons; de 100 000 à 150 000 euros, privilégier celles de prêts; au-delà: se tourner vers les plates-formes d’investissement. «Sur Anaxago, on peut lever entre 150 000 et 1 million d’euros, du moment que le projet comporte une forme d’innovation» témoigne François Carbone, cofondateur de la plate-forme parisienne.

«On lève toujours plus sur des plates-formes américaines, si l’objectif est de lever plus de 70 000 euros, il vaudra mieux privilégier une plate-forme à vocation internationale; en revanche, pour lever 10 à 20 000 euros et lorsque l’on vise le marché français uniquement, les plates-formes françaises conviennent tout à fait» estime Thomas Serval, qui conseille: «Il faut y aller en étant sûr de gagner, donc ne pas être trop ambitieux sur le montant».

Quelle est la nature de mon activité ?

Certaines plates-formes sont appropriées sur des thématiques spécifiques: Tous co Prod pour les projets cinématographiques, crowd-immo pour les projets immobiliers, Arizuka pour les projets « solidaires », happy capital ou PretPME pour financer les PME, Kickstarter attire un public qui s’intéresse généralement au hardware, aux jeux vidéos… Indiegogo est davantage ouvert aux start-ups qui ne sont pas américaines, sur la thématique de la santé par exemple. MyMajorCompany, qui se concentrait au départ sur des projets culturels, s’est en revanche ouvert à l’entrepreneuriat, au patrimoine et souhaite aujourd’hui se positionner comme une plate-forme généraliste.

Quelle est l’échéance de mon projet: ais-je besoin d’un financement de court, moyen voire à long terme ?

Etant donné qu’une campagne de financement participatif se prépare (2 mois en amont au moins mais cela peut aller jusqu’à 8 mois, selon Thomas Serval), elle ne se prête a priori pas vraiment à un besoin de financement sous quelques semaines.

Pour le moyen ou le long terme: le financement par le prêt devient possible à partir du 1er octobre. Plusieurs possibilités s’offrent aux entrepreneurs : les plates-formes de dons (Unilend, Blue Bees…), celles où l’on émet des actions (Anaxago, Wiseed, SmartAngels…) et celles où l’on émet des obligations (Invest Book – bientôt disponible-, Lumo…). Pour chacune d’entre elles, les contreparties ne sont pas les mêmes.

Que suis-je prêt à consentir en échange ?

Sur certaines plates-formes, il ne s’agit que de proposer un produit en échange, sur d’autres il s’agit carrément de faire entrer  au capital social de l’entreprise les investisseurs via la plate-forme. Il faut donc bien réfléchir au degré de liberté et aux contraintes que l’on va s’imposer…

En résumé :

Type de crowdfunding

Contre-partie

Exemples de plates-formes

Don

aucune

MyFashionLine, PeopleForCinema, MyShowMustGoOn…

Prêt

remboursement avec intérêt ou prime

Unilend, Blue Bees, pretPME, Finsquare, Spear…

Emprunt solidaire

remboursement du prêt (sans intérêt)

Ethic-angels, Xetic (micro-crédit), Babyloan, Hellomerci…

Par émission d’obligations

remboursement avec intérêt

Lumo, Invest Book…

Don/contre-don

livraison d’un bien ou service d’une valeur équivalente au prêt consenti

Indiegogo, Kisskissbankbank, Ulule, Kickstarter, Tipeee, MyMajorCompany, Ecobole, Bulb In Town …

Par émission d’actions

droit de vote et dividendes

Anaxago, SmartAngels, WiSeed, Sowefund, Finance Utile, MyMicroInvest, Happy capital …

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[tab title= »Ce que change la réforme 2014 du crowdfunding« ]

  • Adaptation du statut de PSI (Prestataire de Service d’Investissement)
  • Création du statut d’IFP (Intermédiaire en Financement Participatif): il informe
  • Création du statut de CIP (Conseiller en Investissement Participatif): il informe et conseille, rassure les investisseurs sur le sérieux du projet et joue les intermédiaires dans le cas d’un crowdinvesting en actions ou obligations
  • Elévation du seuil d’offre publique sans nécessité de prospectus AMF à 1 million d’euros

«Les maîtres-mots de la nouvelle réglementation sont: information et transparence» résume Dominique Stucki.

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Frenchweb en a déjà parlé:

Interview de Fleur Pellerin sur la réforme du crowdfunding

Arnaud Montebourg veut emmener à l’international les plateformes de crowdfunding françaises

Crowdfunding: les fonds collectés ont doublé en un an à 66 millions d’euros

Crédit photo: Fotolia, banque d’images, vecteurs et vidéos libres de droits
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Adeline Raynal

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10 thoughts on “[Start Me Up] Bien choisir sa plate-forme de crowdfunding”

  1. Contrairement à ce qui est avancé, MyMajorCompany ne se consacre pas qu’aux projets culturels. Cette plateforme a même un partenariat avec BGE, un important réseau d’accompagnement d’entrepreneurs, et permis de collecter 80 000 euros pour Wistiki, un projet d’objets connectés…

  2. Bonjour,

    Votre article est probablement plein de bonnes intentions, mais est surtout truffé d’imprécisions :

    Les plateformes de don que vous citez (Lendy, Unilend, Blue Bees) sont des plateformes de prêt.
    Blue Bees est une plateforme qui finance des projets en Afrique par le prêt.
    Xetic fait du micro-crédit solidaire en Afrique.
    Friendsclear a cessé son activité il y’a maintenant plus d’un an.
    KissKissBankBank et Ulule font du don/contre-don et non de « l’emprunt contre un bien »
    La plateforme d’investissement France Utile n’existe pas, vous devez probablement parler de Finance Utile.
    La plateforme « d’emprunt contre un bien » buildintown n’existe pas non plus, vous devez probablement parler de Bulb in Town.
    Le terme « emprunt contre un bien » n’est pas référencé dans l’univers du crowdfunding, il vaut mieux parler de don/contre-don.

    Je pense qu’une mise à jour importante de l’article s’impose. N’hésitez pas à poser des questions aux plateformes que vous citez, ou simplement cliquer sur les liens que vous référencez dans cet article pour éviter de commettre ces (trop) nombreuses erreurs.

    De même, une analyse un peu plus fine des différents métiers du crowdfunding aurait été bienvenue (pour rappel : don/contre-don, prêt, investissement). Parler d’un délai en amont de 2 à 8 mois en confondant le don/contre-don, le prêt et l’investissement ne peut qu’induire en erreur un bon nombre de lecteurs.

    Je vous remercie pour la relecture attentive et les corrections que vous allez apporter à votre article (quelques fautes d’orthographes communes s’y sont également glissées).

    Cdlt,

  3. Dans la catégorie « émission d’actions », n’oubliez pas Sowefund !, on permet l’investissement à partir de faibles montants (100 euros) :)

  4. Malgré les corrections, les informations restent très approximatives : MMC et Tipeee ne font pas du don mais du financement participatif avec contreparties (catégorie Don contre Don de votre tableau);

    « MyMajorCompany, qui se concentrait au départ sur des projets culturels, s’est en revanche ouvert à l’entrepreneuriat, au patrimoine et souhaite aujourd’hui se positionner comme une plate-forme généraliste. »

    C’est très vague : le patrimoine fait partie de la culture il me semble ? MMC est bien plus large que « Patrimoine et Entrepreneuriat » et cela fait deux ans qu’ils sont une plateforme généraliste… Allez, un petit effort.

    Si besoin : http://www.mymajorcompany.com

  5. Bonjour, merci pour cet article.

    Kickstarter est actuellement la plateforme la plus adaptée pour des projets de grandes envergures reliés au hardware. Cela dit cette dernière ne permet pas la réalisation de campagne depuis une adresse française.

    Connaissez-vous des projets français sur la plateforme Kickstarter ? Quel astuce pour être malgré tout sur cette plateforme ? Faut-il créer une structure aux USA ? Utiliser une adresse américaine au travers d’un contact ?

    D’après un récent article sur leur blog, Kickstarter adapte ses termes pour s’ouvrir à d’autres pays ! Mais pas pour tout de suite !!
    La solution Indiegogo existe également, cependant moins performante que sa rivale Kickstarter.

    Merci pour vos témoignages.

  6. Ces nouvelles réglementations vont permettre à la France de connaître un véritable essor
    dans ce domaine d’avenir qu’est le crowdfunding. Chez http://www.investir99.com nous
    vous accompagnons tout au long de votre campagne de crowdinvesting pour que
    celle-ci soit un succès !

  7. Bonjour, Merci pour cet article. Deux précisions: Lendy a été renommé Finsquare (www.finsquare.fr). Et ce n’est pas du don mais du prêt rémunéré de particuliers aux entreprises, comme l’a souligné François Desroziers. merci

  8. Pour bien choisir sa plateforme de crowdfunding, il est important de bien déterminer à quel type de plateforme s’adresser. Pour cela, il est fondamental de s’informer et comparer les plateformes. C’est pour cela que le-crowdfundig.com existe. Ce site vous permet de comparer les plateformes de crowdfunding entre elles et de les sélectionner selon le type de projets que vous souhaitez mettre en avant. Pour en savoir plus : http://www.le-crowdfunding.com/

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