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10 levées de fonds à retenir dans l’e-santé en 2017

Chaque année, la médecine se digitalise un peu plus et la recherche médicale continue de progresser, notamment grâce aux dispositifs lancés par les start-up. En 2017, ces jeunes pousses qui modernisent le secteur de la santé ont multiplié les tours de table pour accélérer leur développement, à l’image de Doctolib, qui a levé 61 millions d’euros en l’espace de quelques mois. Focus sur les levées de fonds marquantes de l’e-santé lors de l’année passée.

Doctolib

  • 61 millions d’euros levés en 2017

La start-up parisienne Doctolib, spécialisée dans la prise de rendez-vous en ligne chez les professionnels de santé, a bouclé un tour de table de 35 millions de dollars en novembre mené par Bpifrance et Eurazeo. En janvier 2017, la société avait également réalisé une levée de fonds de 26 millions d’euros. Au total, depuis sa création, Doctolib a levé 85 millions d’euros, dont 61 millions l’an passé.

Fondée en 2013 par Stanislas Niox-Chateau, Jessy Bernal et Ivan Schneider, Doctolib permet aux patients de réserver un rendez-vous chez le médecin. Sur la plateforme, ils peuvent voir quand leur praticien est disponible et réserver un rendez-vous en quelques clics, sans avoir besoin de l’appeler au préalable. Le patient recevra un rappel la veille de son rendez-vous.

La plateforme permet également aux professionnels de santé de gérer leur planning de rendez-vous pour réduire leur temps dédié aux tâches administratives. Il leur est également possible de reporter facilement un rendez-vous. A ce jour, la start-up revendique 40 000 professionnels de santé (généralistes, dentistes, ophtalmologues…), 900 établissements partenaires et 12 millions de visites par mois sur sa plateforme.

Fractyl Labs

  • 44 millions de dollars levés en 2017

La start-up américaine Fractyl Labs, spécialisée dans les thérapies moins invasives pour améliorer le quotidien des patients, a bouclé un tour de table de 44 millions de dollars en novembre. GV (ex-Google Ventures), True Ventures, iDo Fund, Emergent Medical Partners, Mithril Capital Management, Deerfield, Domain Associates, General Catalyst et Bessemer Venture Partners ont participé à l’opération. Celle-ci porte à 135 millions de dollars le montant total levé par la société depuis sa création.

Fondée en 2011 par Harith Rajagopalan et Jay Caplan, Fractyl Labs a travaillé sur un protocole pour retarder le besoin d’injections d’insuline chez les patients atteints de diabète de type 2, qui se caractérise par une hyperglycémie chronique. Baptisé «Revita Duodenal Mucosal Resurfacing», ce dispositif consiste à rajeunir le duodénum, le premier segment de l’intestin grêle, pour limiter les troubles liés au diabète. De cette manière, le patient n’aura pas à modifier de façon significative son quotidien pour améliorer la résistance à l’insuline s’il doit suivre ce traitement.

Natural Cycles

  • 30 millions de dollars levés en 2017

La start-up suédoise Natural Cycles, qui développe une application mobile permettant de suivre avec précision le cycle d’ovulation d’une femme, a bouclé un tour de table de 30 millions de dollars en novembre mené par EQT Ventures. Les investisseurs historiques, Sunstone, E-ventures et Bonnier Growth Media, ont également participé à l’opération.

Fondée en 2013 par deux médecins, Raoul Scherwitzl et Elina Berglund, qui a notamment travaillé au sein de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN), Natural Cycles vise à prédire les jours où une femme est fertile et les jours où elle ne l’est pas. Pour ce faire, les femmes doivent mesurer leur température corporelle chaque matin, avant de se lever, avec un thermomètre basal, puis enregistrer les données dans l’application mobile disponible sur iOS et Android. Cette dernière s’appuie en suite sur un algorithme pour mesurer indirectement les niveaux d’hormones et ainsi calculer la fertilité de chaque femme, en tenant compte de plusieurs facteurs, comme le taux de survie du sperme.

Grâce aux données collectées et analysées par l’application, chaque femme a alors accès un calendrier intégré qui repose sur deux couleurs. Les jours colorés en vert signifient que la femme peut avoir des relations sexuelles non-protégées sans risque de tomber enceinte, tandis que les jours colorés en rouge indiquent un pic de fertilité et donc un risque de grossesse si son partenaire ne porte pas de préservatif. L’applications s’adapte au comportement des femmes si elles oublient d’entrer leur température quotidienne en ajoutant des jours «rouges» dans le calendrier par mesure de sécurité. Les fondateurs de Natural Cycles estiment que leur application est efficace à 93% avec une utilisation classique. L’application peut également être utilisée pour une grossesse. Selon Naturel Cycles, 75% des femmes l’utilisent en tant que contraceptif et le reste pour planifier ou surveiller une grossesse.

Eligo Bioscience

  • 20 millions d’euros levés en 2017
© O. Boucherat/Clandoeil.fr

La start-up française Eligo Bioscience, spécialisée dans la microbiologie, a bouclé un tour de table de 20 millions de dollars en septembre. Le fonds américain Khosla Ventures et Seventure Partners, investisseur historique, ont participé à l’opération. La société a également bénéficié d’une aide de 2 millions de dollars issue du Concours mondial de l’innovation.

Fondée en 2014 par les docteurs Xavier Duportet et David Bikard ainsi que les professeurs associés Timothy Lu (MIT) et Luciano Marraffini (Rockefeller University), Eligo Bioscience développe des nanobots biothérapeutiques. Ces derniers permettent de traiter les maladies bactériennes à leur source et à améliorer la santé du microbiome, et donc celle des patients. Baptisés «éligobiotiques», ces nanobots, composés d’ADN et de protéines, sont en mesure de tuer les bactéries de manière très ciblée ou de les transformer en productrices de médicaments, selon la charge utile thérapeutique qu’ils transportent.

Tempus 

  • 70 millions de dollars levés en 2017

La start-up américaine Tempus, spécialisée dans la lutte contre le cancer, a bouclé un tour de table de 70 millions de dollars en septembre. Revolution Growth et New Enterprise Associates ont participé à l’opération.

Lancée en 2015 par Eric Lefkofsky, co-fondateur du groupe Groupon, qui édite un site spécialisé dans les offres «discount» négociées auprès des commerçants, Tempus a développé une technologie pour compiler de grandes quantités de données génomiques et cliniques auprès de patients cancéreux pour aider les médecins à mieux personnaliser les traitements. «En oncologie, et dans les soins de santé plus largement, les ensembles de données ont été historiquement rares et désorganisés. Heureusement, la technologie a ouvert la porte à de nouvelles possibilités», explique Eric Lefkofsky.

Il y a quelques années, sa femme, Liz, a été diagnostiquée avec un cancer du sein. Au cours de son traitement, il a constaté l’absence d’une infrastructure sophistiquée dans la manière dont la collecte de données cliniques était effectuée. C’est pour cette raison qu’il s’est lancé dans l’e-santé.

23andMe

  • 250 millions de dollars levés en 2017

La société californienne 23andMe, spécialisée dans les tests ADN, a bouclé un tour de table de 250 millions de dollars en septembre mené par Sequoia Capital. Euclidean Capital, Altimeter Capital et la Wallenberg Foundation, ainsi que les investisseurs historiques, Fidelity Management et Casdin Capital, ont également participé à l’opération. Celle-ci porte à 491 millions de dollars le montant total levé par l’entreprise depuis sa création. Quant à la valorisation de la société, elle se situe désormais autour de 1,75 milliard de dollars.

Fondée en 2006 par Linda Avey et Anne Wojcicki, 23andMe réalise des analyses génétiques approfondies à partir d’un échantillon de salive. En 2013, la société a rencontré des difficultés en raison de l’interdiction des autorités sanitaires américaines, représentées par la Food and Drug Administration (FDA), visant la vente de ses tests génétiques.

Toutefois, la FDA a relâché la pression sur 23andMe en 2015, ce qui a permis à l’entreprise de reprendre des tests génétiques pour le syndrome de Bloom, un trouble génétique récessif rare. En avril dernier, la société basée à Mountain View a également reçu le feu vert des autorités sanitaires américaines pour commercialiser des tests permettant de détecter une dizaine de maladies et pathologies, comme les maladies d’Alzheimer et de Parkinson.

Sophia Genetics

  • 25 millions d’euros levés en 2017

Sophia Genetics, une plateforme, qui, à partir du séquençage de l’ADN, centralise les données nécessaires aux hopitaux qui effectuent ces tests, a bouclé un tour de table de 25 millions d’euros en septembre. Cet investissement a été mené par Balderton Capital, 360 Capital Partners, Mike Lynch et Invoke Capital et Alychlo.

Fondée en 2011 par Jurgi Camblong et basée en Suisse, Sophia Genetics a créé Sophia Artificial Intelligence. Cet outil technologique analyse et détecte les différentes variantes génomiques, dans le but d’aider les médecins à mieux traiter les patients.

DNA Script

  • 11 millions d’euros levés en 2017

La start-up DNA Script, qui développe un nouveau procédé pour écrire les codes génétiques, a bouclé un tour de table de 11 millions d’euros en septembre mené par Illumina Ventures. Merck Ventures BV, la branche de capital-risque de Merck KGaA, ainsi que les investisseurs historiques, Sofinnova Partners, Kurma Partners et Idinvest Partners, ont participé à cette opération.

Fondée en 2014 par Thomas Ybert, Sylvain Gariel, élu innovateur français de l’année par le MIT Business Review, en collaboration avec l’Atelier BNP Paribas, et Xavier Godron, DNA Script a développé une imprimante capable de synthétiser de l’ADN de haute qualité pour favoriser l’innovation dans les sciences et la technologie. Pour cela, cette technologie d’écriture utilise des enzymes génétiquement modifiées à la place de méthodes chimiques classiques. Pour ne pas être limitée, la start-up travaille en partenariat avec l’Institut Pasteur. De cette manière, elle détient un accès aux connaissances de l’organisme de recherche pour accélérer son projet. A travers cette technologie, DNA Script entend donner un second souffle à l’écriture des codes génétiques.

Babylon Health

  • 60 millions de dollars levés en 2017

La start-up britannique Babylon Health, qui développe une application mobile de consultation médicale en ligne, a bouclé un tour de table de 60 millions de dollars en avril. NNS Holding, Vostok New Ventures ainsi que les investisseurs historiques Kinnevik et Hoxton Ventures ont participé à l’opération. En janvier 2016, la société avait levé 25 millions de dollars.

Fondée en 2013 par Ali Parsa, Babylon Health a développé un service permettant aux utilisateurs d’être mis en relation avec des médecins afin de recevoir en vidéo l’avis d’un praticien. La start-up basée à Londres mise également sur l’intelligence articielle. Dans ce sens, elle s’est associée au National Health Service au Royaume-Uni pour tester un chatbot médical qui pourrait devenir une alternative au 111, le numéro mis en place par le NHS outre-Manche pour recevoir des appels de santé considérés comme n’étant pas urgents.

En fonction du problème de l’utilisateur, l’agent conversationnel pose des questions définies à l’avance pour déterminer le degré de gravité de la situation. L’objectif n’est pas de remplacer le médecin pour réaliser un diagnostic complet via l’intelligence artificielle, mais plutôt de désengorger les autorités britanniques face aux problèmes ne nécessitant pas une intervention urgente. «Les médecins font beaucoup plus que le diagnostic. L’intelligence artificielle sera un outil qui permettra aux médecins et aux professions de santé de devenir plus accessibles et abordables pour tout le monde», estime Ali Parsa, fondateur de Babylon Health.

Amino

  • 25 millions de dollars levés en 2017

La start-up californienne Amino, qui développe une application permettant aux utilisateurs de trouver un médecin spécialisé dans le traitement d’une pathologie dont ils souffrent, a bouclé un tour de table de 25 millions de dollars en avril mené par Highland Funds. Accel Partners, Aspect Ventures, CRV, Northwestern Mutual Future Ventures et Pilot Wall Group ont également participé à l’opération.

Fondée en 2013 par David Vivero, Roger Billerey-Mosier, Sumul Shah et Maudie Shah, Amino a conçu une application qui permet à ses utilisateurs de rechercher les médecins les plus expérimentés dans le traitement de leur maladie. Celle-ci intègre à la fois un outil d’estimation des coûts et un assistant virtuel qui peut réserver et confirmer les rendez-vous pour les patients.

Pour répondre aux attentes des utilisateurs, la start-up classe les médecins en fonction de l’analyse des réclamations d’assurance, des dossiers de facturation médicale, des notes de l’utilisateur et de la disponibilité des rendez-vous. De plus, l’application se base sur des profils similaires à d’autres utilisateurs pour leur offrir les meilleurs résultats. A ce jour, l’entreprise revendique 951 000 médecins référencés sur sa plateforme et 1,8 milliard de dollars de dépenses de santé américaines analysées.

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Maxence Fabrion

Journaliste chez FW - DECODE MEDIA

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