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[#AtelierFW] 7 choses à savoir sur le crowdfunding

La semaine dernière FrenchWeb organisait un atelier autour du crowdfunding, système de financement participatif mis à disposition des entrepreneurs pour créer et développer leurs activités.

Conseils, problématiques, avertissements… Marc Thouvenin, CEO du site Regioneo, financé grâce au crowdfunding, et Jean-Christophe Capelli, Directeur Général de FriendsClear, ont proposé un véritable tour d’horizon du secteur. Voici la liste des 7 principaux points à retenir.

1. Le crowdfunding est une source de financement mais ne doit pas être l’unique

Les deux spécialistes sont unanimes. Le crowdfunding constitue un moyen de financement mais ne doit pas occulter les autres. Il faut donc prendre en compte l’épargne personnelle, la love money, les prêts à la banque, mais également les business angels, les fonds d’investissement ou encore les marchés financiers. A titre d’exemple, pour développer son projet Regioneo, Marc Thouvenin a procédé à une campagne de crowdfunding de 100 000 € mais a également levé 90 000 € auprès de business angels.

2. Les différents modèles de crowdfunding

Les entrepreneurs intéressés pour lever des fonds via une plateforme de crowdfunding, ont plusieurs possibilités. Il existe en effet différents modèles. Parmi eux :

  • L’achat par anticipation. Un modèle notamment proposé par la plateforme américaine KickStarter. Les internautes financent ainsi chacun une partie de la production du produit en échange de la promesse de recevoir celui-ci à un prix avantageux. Un système qui peut paraître vertueux dans le sens où les porteurs de projets peuvent trouver des fonds pour commencer leur production tout en étant assurer de pouvoir vendre une partie de celle-ci. Le français Ulule, qui fête ses 2 ans aujourd’hui, s’inscrit également dans cette logique.
  • Le système de don. Une méthode notamment adoptée par Wikipédia qui chaque année lance une campagne de dons pour récolter des fonds.
  • La plateforme Friendsclear propose quant à elle une autre solution avec un système de prêt. Via ce système, l’internaute prête des fonds avec un taux d’intérêt ou non, au porteur de projet. Le capital est remboursable. La motivation est financière mais peut être également philanthrope.
  • Dernier modèle proposé : l’entrée au capital. L’internaute finance, cette fois-ci, un projet en échange d’une prise de participation dans le capital de la future entreprise. Cette solution notamment proposée par la plateforme Wiseed a été choisie par Marc Thouvenin pour développer Regioneo. Cette solution permet notamment d’obtenir un plus fort engagement de la part des internautes qui auront la possibilité de participer aux assemblées générales, mais également d’obtenir des intéressements.

Les porteurs de projets choisiront tel ou tel modèle en fonction notamment des différentes contraintes juridiques qu’ils sont prêts à assumer.

3. Ne pas hésiter à dévoiler les détails de son projet

Il s’agit d’un aspect fondamental selon Jean-Christophe Capelli. Selon lui, de nombreux projets ne sont pas sélectionnés sur FriendsClear car les porteurs de projets ne livrent pas assez de détails sur leur future entreprise. Lever le voile sur ses idées est une façon de convaincre ses interlocuteurs.

L’entrepreneur doit lui même se présenter de la manière la plus complète possible. L’idée est de créer une empathie avec les potentiels internautes investisseurs.

Dans cette optique, la plateforme FriendsClear a notamment mis en place un système de questions-réponses entre les intéressés et l’entrepreneur, qui sera alors challengé.

4. L’importance de la solidité financière du projet

« Il doit y avoir une adéquation entre la maturité du projet et l’intérêt des internautes investisseurs », explique Jean-Christophe Capelli. La solidité financière du projet constitue donc également un aspect indispensable.

5. Proposer une contre-partie aux internautes

Toujours dans une logique de séduction des internautes, les créateurs de campagne de crowdfunding peuvent proposer différentes contre-parties. Il peut s’agir par exemple d’un intéressement, de divers goodies ou encore d’une simple reconnaissance. De nombreux internautes investisseurs participent, en effet, à des levées de fonds en crowdfunding pour des raisons moins palpables comme : l’accession à un statut social (early adopter), l’appartenance à un groupe ou encore l’envie de participer à la réalisation d’un projet.

6. L’orchestration d’un buzz

Pour attirer le plus d’internautes investisseurs possible, Marc Thouvenin recommande d’orchestrer une opération de buzz sur internet. Pour Regioneo, le dispositif est d’abord passé par un teasing sur Twitter puis par l’élaboration d’une page de préinscriptions mais également par la diffusion d’une vidéo qui se voulait virale. Le ton de marque est ici très important. Pour séduire les internautes, Regioneo a également mis sur pied une communauté d’influenceurs, qui affirmait vouloir financer ce projet.

Ces opérations permettent non seulement d’optimiser la réussite de sa campagne de crowdfunding mais également d’améliorer la visibilité du projet pour son développement à plus long terme.

7. Les limites du crowdfunding

Toutes les campagnes de crowdfunding n’aboutissent pas. Sur Kickstarer par exemple près de 50% des projets mis en avant sur la plateforme n’atteignent pas leur objectif de financement. (Sur Kickstarter, si la somme finale indiquée n’est pas atteinte dans un laps de temps prédéfini, toutes les participations déjà effectuées sont reversées aux internautes.). Parmi les campagnes de crowdfunding qui échouent sur KickStarter, 9/10 atteignent à peine 30% des objectifs. Sur FriendsClear par exemple, sur 100 projets proposés, seuls 30 sont financés.

Par ailleurs, certaines campagnes de crowdfunding avec prise de participation peuvent effrayer les futurs investisseurs. En effet, d’après nos intervenants, les business angels sont parfois frileux pour investir dans une société où le capital est déjà relativement éclaté. Cette limite peut toutefois être contrecarrée par la mise en place d’une holding intermédiaire qui regroupe ces petits investisseurs.

Dernière information à prendre en compte, les levées de fonds par crowdfunding se limitent au plafond de 100 000 euros pour des raisons règlementaires. D’une manière générale, les facteurs temps et legislation sont des contraintes à bien prendre en compte pour les porteurs de projets qui se trouvent dans une logique de crowdfunding.

Retrouvez les présentations des intervenants, ci-dessous :


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Microsoft Experiences les 3 et 4 octobre 2017

La rédaction

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2 thoughts on “[#AtelierFW] 7 choses à savoir sur le crowdfunding”

  1. Bravo pour ce compte-rendu très détaillé.
    A remarquer que tous les points que vous citez découlent essentiellement du premier : la diversification des sources de financement.
    C’est ce qui permet en effet d’aborder le projet de différentes manières, pour différents types d’investisseurs et surtout de créer un effet boule de neige.

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