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Blade : le projet de reprise des salariés, soutenu par Xavier Niel, peut-il rafler la mise face à Octave Klaba ?

Interview de Fergus Leleu, New Business Director chez Blade

Blade sera bientôt fixé sur son avenir. C’est en effet ce mardi 13 avril que le Tribunal de Commerce de Paris doit examiner les offres de reprise de la start-up française. Malgré 135 millions d’euros levés, elle n’a pas eu d’autre choix que de passer par un placement en redressement judiciaire pour tenter de trouver une issue à la crise qui la fragilise. Parmi les offres déposées, il y a celle d’Octave Klaba ainsi que celle de six salariés de Blade, dont l’actuel CTO Jean Baptiste Kempf. C’est cette dernière que Xavier Niel a choisi de soutenir.

C’est donc une bataille entre deux grands noms de la Tech française qui se profile à l’horizon pour la reprise de Blade. Mais point d’animosité entre les deux hommes, Xavier Niel ayant aidé Octave Klaba à ses débuts avec OVHcloud. Car si le créateur de Station F s’est intéressé au projet de reprise des six salariés de Blade, c’est parce que son ami Jacques-Antoine Granjon, fondateur et PDG de Veepee, séduit par l’idée, lui en a parlé. Après avoir rencontré les salariés de Blade, Xavier Niel a décidé de soutenir le projet à raison d’un investissement à hauteur de 80% du capital de la société via Iliad. Les 20% restants sont réservés aux six repreneurs et aux salariés. Si l’offre est retenue par le Tribunal de Commerce de Paris, Iliad prévoit une enveloppe de 30 millions d’euros sur trois ans pour remettre Blade sur les bons rails.

Fergus Leleu, New Business Director chez Blade qui est l’un des six salariés à avoir travaillé sur ce projet de reprise, nous raconte ses derniers mois dans l’entreprise et la rencontre décisive avec Xavier Niel :

18 mois très difficiles

Si la start-up a été érigée en champion tricolore de son secteur, elle a été quelque peu dépassée par son succès. Face à une demande croissante, les investissements nécessaires pour y répondre n’ont pas été suffisants. Avec des tarifs trop bas, dans le but d’écraser la concurrence sur le marché, la rentabilité s’est éloignée et les problèmes se sont accumulés, surtout au cours de ces 18 derniers mois.

Fin 2019, Jérôme Arnaud a succédé à Emmanuel Freund à la tête de l’entreprise tandis que cette dernière levait 30 millions d’euros pour rester à flot. Dans le même temps, un partenariat avec OVHcloud était signé pour décupler la puissance des serveurs en ligne supportant la solution «Shadow», qui permet d’accéder à un ordinateur dématérialisé hébergé dans le cloud. Mais quelques mois plus tard, c’est la soupe à la grimace. Le partenariat avec OVHcloud a du plomb dans l’aile et les divergences se multiplient au sein de la gouvernance de l’entreprise.

Jean-Baptiste Kempf et Mike Fischer à la rescousse de Blade

Emmanuel Freund décide ainsi de claquer la porte de Blade en avril 2020 pour créer PowerZ, un jeu éducatif qui doit permettre aux enfants d’apprendre tout en s’amusant. Pour ne rien arranger à la situation, les dirigeants ne parviennent pas à boucler une levée de fonds vitale pour la survie de la société. La situation continue de se dégrader, avec des problèmes techniques, des retards de livraison et une crise de gouvernance qui s’est poursuivie jusqu’à l’été 2020. C’est à cette période que sont arrivés, respectivement en tant que CTO et CEO, Jean-Baptiste Kempf, connu pour sa contribution au projet VLC, et Mike Fischer, ancien patron de la branche américaine de Square Enix, passé également par Sega, Amazon et Microsoft.

Chargé de remettre Blade à flot, le tandem a pris la difficile décision de passer par la case redressement judiciaire pour permettre à l’entreprise de repartir sur des bases saines. Et c’est notamment ce que souhaite faire Jean-Baptiste Kempf avec les cinq autres salariés de Blade impliqués dans le projet de reprise, en supprimant les lignes d’activité toxiques pour les remplacer par de nouvelles lignes de revenus provenant de nouvelles verticales, notamment auprès des entreprises et d’acteurs du monde de la recherche. Aujourd’hui, Blade revendique 100 000 clients payants et 50 000 sur liste d’attente. Et que ce soit avec Octable Klaba ou Xavier Niel, les salariés de la start-up française espèrent poursuivre l’aventure. Verdict attendu au cours des dix prochains jours.

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