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Cybersécurité: l’éditeur russe Kaspersky achève le transfert des données occidentales à Zurich

AFP

L’éditeur russe d’anti-virus informatiques Kaspersky a achevé le transfert des données de ses clients occidentaux dans son centre de données de Zurich, a-t-il annoncé mardi dans un communiqué. « La relocalisation du traitement et du stockage des données » des clients européens, américains et canadiens « est complètement terminée », a annoncé Kaspersky dans un communiqué. Kaspersky -qui originellement traitait ces données en Russie- a également transféré en Suisse les données des clients de plusieurs pays de la zone Asie-Pacifique, dont l’Australie et la Nouvelle-Zélande, la Corée du Sud, le Japon et l’Inde, a-t-il annoncé.

Le transfert de ces données en Suisse est une manière pour Kaspersky de répondre aux soupçons de proximité avec les services de renseignement russes, évoqués notamment par le gouvernement américain mais farouchement niés par l’éditeur. En 2017, l’administration américaine s’était appuyée sur ce motif pour écarter les anti-virus Kaspersky des ordinateurs de l’administration fédérale américaine. Eugene Kaspersky, figure de l’Internet mondial et de l’univers de la cyber-sécurité, dénonce depuis des années le risque de fragmentation de l’Internet mondial entre grands blocs géopolitiques, bien loin des espoirs universalistes qui prévalaient au début de la toile.

Un «risque d’éclatement d’Internet»

Un peu moins alarmiste aujourd’hui, il envisage un monde ou l’Internet mondial subsiste, mais ou les Etats veillent jalousement sur les données qui y circulent. « Pendant plusieurs années, nous avons parlé de ce risque d’éclatement d’Internet, mais je ne crois pas que cela va arriver », a-t-il déclaré à l’AFP. « Couper les connexions entre les nations est tout simplement impossible: pour les besoins du monde des affaires, de la finance, Internet va rester tel qu’il est », a-t-il dit.

Mais « la donnée restera à l’intérieur des frontières et les Etats ne laisseront pas les données être stockées à l’étranger. La donnée est une affaire de sécurité nationale », a-t-il estimé. Outre son grand centre de traitement de Zurich, Kaspersky a également ouvert 5 « centres de transparence » dans le monde où ses clients peuvent avoir accès au détail du code informatique de ses produits, pour vérifier leur intégrité et l’absence d’ingérence extérieure. Les « centres de transparence » de Kaspersky sont situés à Zurich, Madrid, Sao Paulo et Kuala Lumpur. Un cinquième centre pour l’Amérique du nord doit ouvrir en 2021 au Nouveau-Brunswick (Canada).

La rédaction

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