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FinTech : la startup suédoise Tink s’offre Eurobits Technologies pour 15,5 millions d’euros

En pleine pandémie de coronavirus Covid-19, les opérations financières se font de plus en plus rares ces derniers temps dans la Tech européenne. Néanmoins, cette période difficile n’a pas empêché la start-up suédoise Tink, qui permet aux banques et aux FinTech d’enrichir plus rapidement leur offre de services financiers, de conclure le rachat de la société espagnole Eurobits Technologies, spécialisée dans l’agrégation de comptes. Pour mettre la main sur cette entreprise ibérique, la FinTech scandinave a déboursé 15,5 millions d’euros. A cette occasion, les 54 collaborateurs d’Eurobits Technologies vont renforcer les effectifs de Tink.

Fondée en 2004, la société madrilène a développé une plateforme permettant de fournir des informations sur les comptes bancaires à ses clients, à savoir des banques, des FinTech et des opérateurs de paiement. Elle compte notamment les banques espagnoles BBVA et Santander, ainsi que la Banque Postale en France, parmi ses clients. Opérationnelle dans 12 pays européens et 5 pays en Amérique latine (Mexique, Chili, Colombie, Argentine et Pérou), la société espagnole assure traiter plus de 50 millions de demandes d’agrégation de comptes chaque mois.

Un tour de table de 90 millions d’euros en janvier 

L’acquisition d’Eurobits Technologies intervient deux mois à peine après un tour de table de 90 millions d’euros de Tink pour poursuivre son expansion à l’international et proposer de nouveaux services sur sa plateforme d’open banking. «Cette acquisition représente une nouvelle étape de notre stratégie d’investissement permanent dans notre plateforme paneuropéenne d’open banking, désormais opérationnelle dans 17 marchés. Non seulement notre offre en matière de connectivité s’élargit, mais les clients d’Eurobits peuvent désormais bénéficier de nos services d’initiation de paiement et d’accès aux données», indique Daniel Kjellén, co-fondateur et PDG de Tink. Avec ce rachat, la société suédoise gagne du terrain en Europe et met un pied en Amérique latine, où le secteur de la FinTech est en pleine effervescence. Une acquisition qui pourrait en appeler d’autres pour accélérer plus rapidement dans le monde entier.

Opérationnelle dans 14 pays européens, la société scandinave indique que son API «permet aux clients d’accéder à des données financières agrégées, d’initier des paiements, d’enrichir les transactions et de créer des outils de gestion des finances personnelles». A ce jour, elle assure se connecter à plus de 2 500 banques, de manière à atteindre plus de 250 millions de clients bancaires en Europe. Basée à Stockholm, la FinTech compte PayPal, Klarna ou encore BNP Paribas parmi ses clients.

La vague de l’open banking déferle sur la sphère bancaire

La start-up suédoise entend continuer à tirer profit de ce que l’on appelle aujourd’hui la «révolution de l’open banking». Celle-ci a été rendue possible par le Parlement européen avec l’adoption en novembre 2015 de la deuxième directive européenne sur les services de paiement (DSP2). Entrée en vigueur en janvier 2018, celle-ci vise à moderniser les services de paiement, en obligeant les banques à rendre accessibles les données de leurs clients via des API, sous réserve de leur consentement, à des entreprises tierces, à l’image d’applications comme Lydia. Cette ouverture des données doit ainsi permettre à ces acteurs tiers de développer de nouveaux services financiers aux clients des banques.

Avec cette approche, il est possible d’assembler des services financiers comme un simple de jeu construction. A terme, un consommateur pourrait ainsi construire de A à Z sa propre offre de services financiers via de multiples fournisseurs sans rencontrer de difficultés. Au-delà de simplifier le partage de données entre les différents acteurs du secteur bancaire, l’open banking va ainsi permettre aux consommateurs de construire un écosystème de services à la carte, parfaitement adapté à leurs besoins.

C’est dans ce contexte que plusieurs opérations d’envergure dans le secteur ont eu lieu depuis le début d’année. Outre les 90 millions d’euros levés par Tink en janvier, Lydia a levé 40 millions d’euros dans le cadre d’un tour de table mené par le géant chinois Tencent, tandis que le mastodonte des cartes de paiement Visa a mis 5,3 milliards de dollars sur la table pour s’emparer de la FinTech américaine Plaid. Par ailleurs, la banque mobile anglaise Revolut a annoncé il y a un mois une levée de 500 millions de dollars, portant la valorisation de la néobanque à 5,5 milliards de dollars.

Lire aussi : Comment l’open banking redistribue les cartes dans le secteur bancaire

Maxence Fabrion

Journaliste chez FrenchWeb - DECODE MEDIA
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