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FoodTech : la recette de Frichti pour contrer Uber Eats et Deliveroo

Interview de Julia Bijaoui, co-fondatrice de Frichti

Difficile d’être un acteur de la livraison de repas en France à la vue de la concurrence féroce. Dans un secteur très gourmand en cash, le Français Tok Tok Tok, le Belge Take Eat Easy ou encore l’Allemand Foodora ont fini par baisser les armes dans l’Hexagone, où les géants comme Uber Eats (12 000 restaurants partenaires dans 85 agglomérations françaises), Deliveroo (10 000 restaurants partenaires dans 200 villes en France) et Just East (8 000 restaurants partenaires dans 2 000 villes en France) dominent un marché pesant 2,5 milliards d’euros. Malgré la rudesse du secteur, Frichti parvient toujours à occuper le devant de la scène quatre ans après sa création.

Lancée en juin 2015 par Julia Bijaoui et Quentin Vacher, qui dirigeait précédemment la branche européenne de Birchbox, Frichti a vu le jour pour proposer la livraison de repas faits maison, concoctés dans une cuisine centrale dédiée, à l’inverse d’acteurs comme Deliveroo qui ne juraient alors que par des restaurants partenaires. La formule a fait mouche et convaincu les investisseurs. En mars 2016, la société a levé 12 millions d’euros auprès d’Alven, Idinvest et plusieurs business angels, avant de récidiver en mai 2017 avec un tour de table de 30 millions d’euros auprès de Verlinvest et Felix Capital.

Une cuisine centrale pour optimiser la chaîne logistique

Si le modèle de Frichti est attractif, il n’en demeure pas moins très exigeant. Et pour cause, derrière la promesse d’une livraison de plats faits maison en moins de 20 minutes, se cache une logistique complexe en raison des stocks de produits qui sont gérés en flux tendu pour assurer les rotations quotidiennes. Mais internaliser le processus de production présente un avantage conséquent : celui d’économiser du temps et de l’argent. Les vertus de ce modèle sont d’ailleurs au coeur de celui de Nestor, qui s’est positionné sur le segment de la livraison de repas au bureau à l’heure du déjeuner.

L’approche a d’ailleurs été reprise depuis par Deliveroo, qui a lancé en 2017 Deliveroo Editions, un concept de cuisines partagées mises à disposition des restaurateurs pour desservir un quartier où ils ne sont pas présents ou tester un nouveau marché sans réaliser un investissement lourd et périlleux. Dans la même veine, Taster, société créée en 2017 par Anton Soulier, l’un des pionniers de Deliveroo au Royaume-Uni et ancien directeur général adjoint de Deliveroo France, a déployé des cuisines locales pensées pour la livraison de repas à domicile. Cette dernière a levé 4 millions de dollars l’an passé pour accélérer son développement en France et préparer son expansion internationale.

Pour se diversifier encore un peu plus et enrichir son offre, Frichiti propose également depuis septembre 2018 la livraison de courses alimentaires et la livraison de plats préparés par des restaurants partenaires. Une manière d’élargir son périmètre d’action et de s’adresser aussi bien à ceux qui veulent manger sain qu’à ceux qui ont envie d’un burger et de sushis.

Frichti : les données clés

Fondateurs : Julia Bijaoui et Quentin Vacher
Création : 2015
Siège social : Paris
Activité : livraison de repas
Financement : 12 millions d’euros en mars 2016 et 30 millions d’euros en mai 2017

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Maxence Fabrion

Journaliste chez FW - DECODE MEDIAPour contacter la rédaction : redaction.frenchweb@decode.media
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