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La blockchain, un outil green?

FrenchWeb publie les bonnes feuilles du nouveau livre de Philippe Rodriguez («La révolution blockchain», Dunod, 2016). Cet ouvrage questionne les transformations portées par la blockchain, en explique les mécaniques de fonctionnement et les prochaines évolutions.

 

Alors que les candidats à l’élection présidentielle de mai 2017 détaillent leur programme politique, la question des promesses électorales dans le secteur de l’environnement est sur de nombreuses lèvres. La France continuera-t-elle à exploiter l’énergie nucléaire ou passera-t-elle le cap des énergies renouvelables (ENR) prévu dans la Loi sur la transition énergétique d’août 2015? Quelles mesures concrètes seront engagées pour achever la transition écologique et énergétique de notre pays? Dans cette transformation française, le numérique a toute sa place et une technologie comme la blockchain peut offrir de nombreuses opportunités de développement de nos techniques et de nos pratiques.

Les réseaux intelligents, une démarche écologique

Depuis quelques années, nos entreprises ont développé des réseaux intelligents, c'est-à-dire des réseaux de distribution d’informations ou de ressources naturelles «augmentées», à la fois autonomes en matière de gestion de flux et optimisés en matière d’utilisation des biens échangés. Dans le secteur de l’énergie, cette optimisation de la distribution de l’électricité, du gaz ou encore pétrole a encouragé la mise en place de réseaux électriques intelligents (smart grids), coordonnant le réseau de distribution de l’énergie pour en améliorer l’efficacité. Mieux et moins utiliser l’énergie est donc une possibilité grâce aux technologies informatiques.

En octobre 2016, à Lyon, le groupe Bouygues a annoncé poursuivre ce développement de réseaux électriques intelligents en mobilisant la technologie blockchain. A l’appui des outils de traçabilité de la production énergétique et de certification de son origine renouvelable, il propose ainsi la mise en place d’un réseau local décentralisé de supervision des échanges d’énergies. Dans l’éco-quartier de Lyon Confluence, les habitants pourront donc utiliser une énergie solaire certifiée à «100% verte», dont ils pourront même vérifier depuis leur téléphone ou leur ordinateur le parcours entier du panneau solaire à leur prise électrique.

Dans le monde des prosumers, un échange pair-à-pair

Parallèlement à cette optimisation de la consommation et de la distribution de l’énergie, les pouvoirs publics ont engagé des procédures d’encouragement à l’installation de panneaux solaires, d’éoliennes ou de turbine hydroélectrique directement chez les particuliers. Peut-être avez-vous, vous-même, participé à cet effort entrepris depuis plusieurs quinquennats par la France et d’autres pays. L’idée est que, dans une certaine mesure, chaque citoyen devienne le producteur de l’énergie consommée par son habitation afin d’assurer son indépendance énergétique. A la fois producteur et consommateur (prosumers), le citoyen est ainsi un acteur à part entière de la transition énergétique de notre pays.

Lorsqu’il produit plus d’énergie qu’il n’en consomme, le citoyen est néanmoins amené à revendre cette électricité à un distributeur national. Grâce à la blockchain, il pourrait échanger directement cette énergie avec son voisin, contre monnaie sonnante et trébuchante. La start-up américaine TransActive Grid propose même de développer des micro-réseaux d’achat et de vente de crédits d’énergie renouvelable. Dit en d’autres mots, vous pourrez directement participer au financement de l’installation de panneaux photovoltaïques chez votre voisin et d’un réseau de raccordement à votre domicile, en échange d’une part d’électricité livrée mensuellement sur une durée déterminée par la hauteur de votre investissement. 

Vers un retour à l’économie locale et solidaire

Ces démarches concourent donc à la fois à encourager des comportements plus respectueux de l’environnement et à créer du lien social avec les habitants de son quartier. Face à l’isolement et au repli sur soi, la blockchain est un outil de sociabilisation, qui rappelle que la société es une entreprise dans laquelle nous construisons notre avenir tous ensemble. Cette technologie nous montre aussi que, sur un territoire aussi grand que l’Hexagone, le respect de la nature nous contraint à penser local, à agir au niveau de notre rue, de notre arrondissement, de notre commune ou de notre ville. Il y a donc une vraie démarche pour repenser la ville de demain et les relations humaines au sens large.

A l’origine du bitcoin, cette monnaie numérique échangée mondialement, la technologie blockchain a ainsi participé au développement de plusieurs monnaies locales complémentaires en France. Entre le Stück à Strasbourg, l’Eusko au Pays basque et La Seine à Paris, dont l’entrée en vigueur est prévue pour l’automne 2017, ces monnaies assurent une traçabilité du parcours des objets achetés ou vendus. Elles favorisent des circuits courts, bons pour l’emploi local et pour lutter contre la pollution des transports. L’utopie portée par ces monnaies locales pourrait bien, demain, devenir une réalité et le numérique, qui devait nous permettre d’échanger avec des personnes à l’autre bout du monde, nous aura finalement réconciliés avec celles qui vivent à quelques pas de nos portes.

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La révolution Blockchain
Philippe Rodriguez
Dunod, 2016
224 pages

 

 

 

 

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Philippe Rodriguez est le cofondateur et managing partner de Avolta Partners, l’une des banques d’affaires les plus actives en Europe pour les entreprises dans les nouvelles technologies. Philippe est par ailleurs très présent dans l’écosystème Blockchain comme conférencier et président de Bitcoin France. Dans écosystème numérique il a co-fondé l’EBG dont il est le trésorier depuis 1998. Philippe est diplomé de l’ESCP et de l’EISTI.

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