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[Made in océan Indien] La publicité digitale prend-elle le pas sur les formats «traditionnels»?

Par Vincent Pollet, correspondant FrenchWeb

Gramica est une régie digitale leader en Afrique subsaharienne francophone ainsi qu’une plateforme d’achat programmatique. Basée à Lyon (France), Dakar (Sénégal) et Abidjan (Côte d’Ivoire), possédant une représentation commerciale dans tous les pays d’Afrique Subsaharienne francophone, voici que l’entreprise arrive à la Réunion pour couvrir le marché de l’océan Indien. Rencontre avec Anaïs Girod, sa fondatrice et CEO. Bonjour Anaïs, merci de nous recevoir.

Étant donné le contexte pandémique actuel, on dit que la digitalisation des entreprises est devenue vitale. Pensez-vous que cela soit vraiment une nécessité ?

La digitalisation était une nécessité avant la crise du Covid et elle l’est encore plus maintenant. Que ce soit pour communiquer sur la notoriété de la marque, faire passer des messages ou vendre le digital est le canal le plus performant, car il est mesurable. Être digitalisé ne signifie pas avoir une page Facebook, cela va plus loin, il faut poser ses objectifs, son but d’entreprise puis élaborer une stratégie qui part de l’achat média passe par le référencement, les réseaux sociaux et inclus surtout la compréhension de tous les points de contact et de notre cible.

La zone Afrique-océan Indien est particulièrement dynamique et ne cesse de gagner en puissance. Comment votre secteur d’activité participe-t-il à cet élan ?

La zone est très disparate, car l’Afrique anglophone génère la majorité des dépenses publicitaires. Nous voyons une croissance très importante sur l’Afrique francophone, mais nous avons débuté à presque 0 donc nous rattrapons petit à petit notre retard. Gramica accompagne les agences de publicité sur l’achat média digital de leurs clients. Sur quels médias communiquer, avec quels moyens et quels messages et enfin comment comprendre ce que nous a rapporté la campagne. Plus les annonceurs et les marques comprendront le résultat de leurs dépenses publicitaires, plus ils seront prêts à investir.

Pensez-vous que la publicité digitale prend petit à petit le pas sur les formats «traditionnels» ou est-ce déjà le cas ?

Nous proposons de l’achat publicitaire en programmatique, c’est-à-dire aux enchères, l’annonceur a un instant T voulant un espace publicitaire pourra diffuser s’il gagne l’enchère. Ce système fonctionne depuis quelques années sur le digital et arrive désormais sur la radio et la télévision. Nous avons la capacité d’acheter de la web radio en programmatique, ce qui implique de pouvoir cibler et tracker nos campagnes, ce qui n’est pas possible en radio classique. Les médias traditionnels sont importants pour la notoriété et pour cibler les classes moyennes ou à faible revenu, que ce soit en Afrique ou dans l’océan Indien, la radio locale dans un taxi est commun. Il me semble que le volume reste le même, mais que les investissements baissent, ils ne sont plus aussi valorisés qu’auparavant, surement à cause du digital, mais aussi à cause du manque de transparence sur les coûts.

Nous ne nous battons jamais dans le mix médias avec les formats traditionnels que nous valorisons, car ils ont toute leur place, nous prônons plutôt une démarche équilibrée entre les canaux et une réflexion sur les coûts vs bénéfices. 85% des recettes publicitaires des médias numériques sont captés par Facebook et Google, donc il ne reste que 15% aux médias digitaux pour survivre. Notre objectif avec la place de marché programmatique est de valoriser les médias de la zone océan Indien pour récupérer une partie des 85% qui n’apportent rien aux médias locaux, qui pourtant se battent chaque jour pour faire vivre l’économie locale et apporter de l’information.

L’île Maurice, un choix stratégique pour Gramica ? Quels avantages cette destination peut-elle représenter pour votre secteur ?

Gramica, via l’Union Francophone, a ses bureaux à La Réunion, mais rayonne sur l’ensemble de la zone océan Indien. Nous démarrons nos discussions avec les éditeurs locaux et agences pour leur permettre d’avoir une alternative face aux GAFA qui soit tout aussi performante.

Notre correspondant :

Vincent Pollet est le co-fondateur d’ICT.io, une plateforme médiatique qui favorise l’innovation, l’esprit d’entreprise, et met l’accent sur les startups dans l’océan Indien.

Les correspondants

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