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Moins de levées, mais plus d’argent pour les start-up françaises en 2017

Le baromètre des start-up du numérique réalisé par Capgemini Consulting et eCap Partner propose une vision synthétique de l’écosystème start-up français et permet d’en saisir les tendances et dynamiques d’une année sur l’autre. Ainsi en 2017, 2,5 milliards d’euros ont été levés par la FrenchTech, dont 1,5 milliards pour les start-up, soit 20% de plus que l’année précédente. Notons qu’en termes de méthodologie, par start-up, l’étude considère « les entreprises de moins de 7 ans, avec une activité liée au numérique, qui ont levé des fonds et n’ont pas été rachetées ».

Un ticket moyen à 3,5 millions, + 24 % en un an

On compte 460 levées en 2017, un nombre en retrait de 3,5% par rapport à 2016, mais le ticket moyen est nettement plus élevé : 3,5 millions d’euros, soit un bond de 24% ! Les levées supérieures à 10 millions d’euros sont en croissance de 38%, tandis que celles supérieures à 40 millions ont doublé en un an. Tous les rounds d’investissement sont concernés, sans exception : ainsi, en round 4, la levée moyenne est de 20 millions, soit 249% de plus qu’en 2016.

La somme des vingt premières levées concentre désormais 40% du total levé, contre 30% en 2016. Cette année, dans le top 10 des levées, cinq d’entre elles ont dépassé les 40 millions d’euros : la plateforme pour objets connectés Actility (71 millions d’euros), la plateforme de prise de rendez-vous Doctolib (61 millions d’euros), la plateforme ecommerce bricolage jardinage Mano Mano (60 millions d’euros), la solution de virtualisation Blade (51 millions d’euros), et la solution de moteur de recherche SaaS Algolia (47 millions d’euros).

Verticalisation des propositions de valeur

L’analyse sectorielle montre une verticalisation des opérations : avec 47 levées pour 178,7 millions d’euros au total, les applications et technologies d’entreprises représentent le secteur le plus courtisé. En volume, on trouve ensuite les secteurs beauté / santé (41) et immobilier (41) à égalité, puis le secteur RH, formation, éducation, jobbing (35) et le secteur marketing / communication (34). En valeur, la verticale beauté / santé décolle de 104% avec 168 millions d’euros levés, portée par Doctolib mais aussi Wandercraft et Bioserenity, suivie par le transport (129 millions, accusant cependant un retrait de 22%), le marketing et la communication (124 millions, +17%) et la finance (115 millions d’euros, +41%).

En termes d’évolution des secteurs en valeur, l’administratif / juridique / comptabilité a réuni 26 millions d’euros, soit une croissance de 411% sur l’année, suivi par les jeux vidéo (+408%), l’immobilier (+136%), l’aménagement d’intérieur et d’extérieur (+118%) et la beauté / santé (+105%). Les secteurs moins désirables cette année sont les services à la personne (-81%), l’industrie (-77%), les télécommunications (-56%), les réseaux sociaux (-53%) et la distribution / logistique / retail (-27%).

Complémentarité des acteurs de l’écosystème d’investissement

Les start-up bouclent des levées de fonds majeures de plus en plus tôt dans leur cycle de vie. Par exemple, tandis qu’en 2015, une levée de plus de 10 millions d’euros intervenait au bout de 5 ans dans la vie d’une entreprise, elle intervient désormais au bout de 4 ans en moyenne.

Les différents types d’investisseurs travaillent de façon complémentaire : les business angels sur les premiers rounds et petites levées, dont la moitié est inférieure à un million d’euros, les fonds se concentrent sur les levées intermédiaires, de 1 à 5 millions d’euros dans 55% des cas. Les fonds français les plus actifs sont dans l’ordre : Kima Ventures, Partech Venture, IDinvest Partners, Alven Capital et Entrepreneur Venture.

Les corporate se positionnent sur les levées majeures, 70% desquelles dépassent les 5 millions d’euros. La BPI est l’acteur le plus important de l’écosystème, présent sur 18% du total des levées. Son ticket moyen suit aussi la tendance haussière, avec +30% sur les levées de plus de 10 millions d’euros en 2016.

Intérêt croissant des investisseurs étrangers

L’intérêt des investisseurs étrangers continuent de croître : ils étaient présents sur 15% des levées en 2017 (vs 11% en 2016) et de plus en plus actifs sur les gros montants : 13 levées supérieures à 10 millions d’euros incluaient des investisseurs étrangers en 2016, ce chiffre passe à 20 en 2017.

70 start-up rachetées

70 start-up de la FrenchTech ont été rachetées en 2017, 207 si l’on inclut les entreprises de plus de 7 ans, soit un bond de 20% en un an. Parmi les opérations marquantes, on peut regretter certaines pépites françaises passées sous pavillon étranger comme Zenly par Snap, Regaind par Apple ou Chauffeur Privé par Daimler, mais aussi constater le CAC40 est de plus en plus dynamique dans l’écosystème d’investissement (Compte Nickel pour BNP Paribas ou Very Chic pour Accor Hotels).

L’étude est à retrouver ici :

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Carolina Tomaz

Computer Girl depuis 2000. Stratégie numérique, innovation, direction éditoriale. Spécialisée en médias, TV et internets. Chief Content Officer Decode Media

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