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Comment la blockchain permet de lutter contre le trafic de faux médicaments

Interview d'Arnaud Pourredon, co-fondateur et CEO de Meditect

Chaque année, ce sont près d’un million de personnes qui décèdent après la prise d’un faux médicament, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui estime qu’un médicament sur dix vendus dans le monde est un faux. Ce chiffre peut même atteindre sept médicaments sur dix dans certains pays, notamment en Afrique où 100 000 personnes meurent tous les ans à cause de ce fléau qui représente un trafic de 200 milliards de dollars dans le monde.

Pour lutter contre la contrefaçon de médicaments, Arnaud Pourredon a créé en 2018 Meditect avec Romain Renard. Il s’agit d’une solution à destination des entreprises pharmaceutiques qui exportent des médicaments vers l’Afrique. Reposant sur la blockchain et l’intelligence artificielle, la plateforme permet d’assurer le suivi et l’authentification des médicaments tout au long de la chaîne de distribution. Avec ce dispositif, les pharmaciens et les patients disposent d’une solution respective où ils n’ont qu’à scanner un médicament pour vérifier son authenticité.

Écoutez notre échange avec Arnaud Pourredon, co-fondateur de Meditect, pour découvrir l’approche de son entreprise pour enrayer le trafic de faux médicaments :

L’Afrique subsaharienne comme terrain d’expérimentation

Lancée en Côté d’Ivoire, cette initiative a jusque-là permis de sécuriser plus de 5 millions de médicaments, en collaboration avec plus de 700 pharmacies partenaires. Le défi est immense dans la mesure où l’achat de médicaments contrefaits dans la rue est fréquent dans les pays de l’Afrique subsaharienne. Un succès du trafic de faux médicaments qui s’explique notamment par la défiance de la population à l’égard des institutions et de leurs dirigeants considérés comme corrompus. De plus, la distribution des médicaments autorisés dans ces pays y est très compliquée. Et pour cause, en Afrique, il n’existe pas de code unique pour identifier les médicaments authentiques.

Cette mauvaise traçabilité des médicaments prend une tournure encore plus dramatique en pleine pandémie mondiale. Dès le début de la crise du coronavirus en 2020, des faux médicaments et même des vaccins pour guérir du Covid-19 étaient en effet proposés dans la rue dans plusieurs pays africains, comme en Côte d’Ivoire. Dans ce contexte, la blockchain peut contribuer à changer la donne. Pour y parvenir, Meditect a bouclé un tour de table l’an passé auprès de LBO France. Une opération qui doit permettre à la société de se déployer dans de nouveaux pays, comme le Sénégal et le Cameroun. Arnaud Pourredon, co-fondateur de Meditect, espère que sa technologie sera disponible dans plus de 25 pays africains et utilisée par plus de trois millions de personnes d’ici 2022.

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