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ManoMano, les débuts d’un acteur atypique sur un marché archaïque

1er épisode de la saga ManoMano

Il y a encore quelques années, quand il s’agissait pour les bricoleurs du dimanche de trouver leur bonheur, ces derniers avaient l’habitude de se rendre dans les magasins de Leroy Merlin, Castorama, Brico Dépôt ou encore Mr Bricolage pour acheter clous, marteaux, tronçonneuse, pots de peinture, colle et autres produits pour effectuer leurs petits travaux dans leur maison ou leur jardin. Mais à l’été 2012, un acteur a décidé de bousculer ces habitudes bien ancrées…

Il s’agit de la start-up monEchelle.fr. Un nom évocateur, facile à comprendre, qui rappelle les débuts de BlaBlaCar, licorne française née sous l’appellation Covoiturage.fr. Et d’entrée de jeu, certaines têtes d’affiche de l’écosystème français perçoivent un sacré potentiel dans cette jeune pousse. «Quelle équipe ! Je n’ai jamais vu un si beau lancement de start-up : le marché est immense, la technologie est maîtrisée et la stratégie brillante», avait notamment déclaré, enthousiaste, Denis Fayolle, co-fondateur de LaFourchette et investisseur de la première heure de monEchelle.fr.

Une marketplace privée pour gagner la confiance des bricoleurs

A l’époque, le marché du bricolage en ligne était minuscule, pour ne pas dire inexistant. L’achat de produits de bricolage en ligne ne représentait alors que 1% d’un marché pesant moins de 30 milliards d’euros. Le secteur est en effet bien mois digitalisé que la mode et les produits électroniques, secteurs alors privilégiés dans le commerce en ligne.

Lancée officiellement au premier semestre 2013 par Christian Raisson et Philippe de Chanville, tous deux passionnés de bricolage, monEchelle.fr met sur orbite une marketplace proposant rapidement aux internautes plus de 100 000 produits et outils pour bricoler et jardiner (cuisine, salle de bain, WC, quincaillerie, revêtement sol et mur, électricité, éclairage, rangement, outillage, plomberie, chauffage…) provenant de commerçants partenaires. Ce sont ces derniers qui se chargent d’assurer les livraisons. Pour se rémunérer, la jeune pousse prélève une commission sur les ventes réalisées auprès de ces commerçants.

L’avantage de la place de marché est qu’il y a zéro stock, zéro logistique, c’est donc une question d’IT, de système et de processus

Philippe de Chanville, co-fondateur de ManoMano

Pour gagner la confiance des bricoleurs, la société mise une place de marché privée. Cela signifie qu’elle sélectionne les marchands pour s’assurer de la qualité des produits et du service (expédition, information…). Un modèle qui a permis à la start-up d’atteindre deux ans après sa création un taux de ré-achat de 30%, pour un panier moyen légèrement supérieur à 150 euros. «L’avantage de la place de marché est qu’il y a zéro stock, zéro logistique, c’est donc une question d’IT, de système et de processus», expliquait en 2015 Philippe de Chanville, co-fondateur et CEO de monEchelle.fr, au micro de FrenchWeb.

Retrouvez l’interview de Philippe de Chanville réalisée chez FrenchWeb aux débuts de l’entreprise :

 

2015, ce fut justement une année charnière pour l’entreprise. Et pour cause, c’est en septembre de cette année que la société a changé de nom pour devenir ManoMano. C’est avec cette nouvelle identité que la start-up, qui sort alors d’une année 2014 marquée par 15 millions d’euros de ventes générées sur sa plateforme, veut embrasser ses ambitions internationales. Sur un marché européen où il y a quasiment tout à faire sur le plan digital, ManoMano commence sa conquête par l’Espagne et l’Italie. L’aventure entrepreneuriale de Christian Raisson et Philippe de Chanville était définitivement lancée… et le principal enjeu était désormais de construire un réseau logistique, en France et en Europe.

MANOMANO : LES 5 CHIFFRES A RETENIR

50 millions de visiteurs par mois
7 millions de clients
3 600 marchands partenaires
10 millions de références sur le catalogue
725 millions de dollars levés depuis 2012
Les prochains épisodes de la saga ManoMano :

  • Comment ManoMano construit son propre réseau logistique
  • La stratégie de ManoMano pour s’étendre en Europe
  • ManoMano, miroir de l’ascension de la French Tech
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