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Nicolas Brien: pourquoi France Digitale attaque Apple devant la Cnil

avec AFP - une interview du Directeur Général de France Digitale au micro de Richard Menneveux

L’organisation France Digitale qui fédère plus de 2 000 start-up a porté plainte mardi contre Apple auprès de la Cnil, accusant la firme de ne pas demander le consentement de ses utilisateurs pour afficher de la publicité ciblée au sein de ses propres applications. Dans la plainte dont l’AFP a eu connaissance, France Digitale relève que l’option « Publicités personnalisées » ajoutée via une mise à jour des paramètres des iPhones et des ordinateurs Mac d’Apple, est activée par défaut. Cette option permet la diffusion de publicités ciblées au sein des applications d’Apple, comme le magasin d’applications App Store, Apple News, ou Bourse.

Selon sa propre documentation, la firme de Cupertino (Californie) utilise des informations personnelles et techniques, la géolocalisation ou des historiques de recherches et de navigation. Apple qui communique largement sur son attachement au respect de la vie privée de ses utilisateurs, affirme ne pas transmettre ces données à des parties tierces, mais les agrège dans des « segments » de quelques milliers de personnes. « Nous sommes tenus de communiquer des données non personnelles à des partenaires stratégiques travaillant avec Apple à l’offre de nos produits et services, aidant Apple à la commercialisation auprès des clients et vendant des publicités pour le compte d’Apple », explique encore l’entreprise.

Nicolas Brien, directeur général de France Digitale, développe le contexte et les reproches de France Digitale :

«Deux-poids deux-mesures»

« L’approbation par défaut et présumée par Apple du consentement de l’utilisateur ne saurait être déclarée conforme aux normes européennes en la matière », dénonce France Digitale dans sa plainte auprès du régulateur français des données personnelles. L’organisation note aussi que l’utilisateur n’est pas suffisamment informé du traitement appliqué à ses données personnelles. «Nous ne laisserons pas une insupportable situation de deux-poids deux-mesures s’installer sur le marché de la publicité en ligne!», a déclaré le directeur général de France Digitale, Nicolas Brien. « Si les faits sont avérés, cela voudrait dire qu’Apple se permet sur ses applications des choses qu’il n’autorise pas pour les développeurs d’applications tierces », a-t-il dit à l’AFP.

« Les allégations de la plainte sont manifestement fausses et seront considérées pour ce qu’elles sont: une piètre tentative de ceux qui traquent les utilisateurs pour détourner l’attention de leurs propres actions et tromper les régulateurs et les décideurs politiques », a répondu Apple dans une déclaration à l’AFP. L’entreprise assure qu’elle ne piste pas ses utilisateurs et qu’elle s’applique à elle-même des règles identiques à celles appliquées aux autres développeurs. Apple déploie depuis plusieurs mois une série de changements annoncés à l’occasion de la sortie de son système d’exploitation mobile iOS 14. Il compte notamment demander systématiquement l’autorisation de l’utilisateur pour laisser les développeurs d’applications utiliser l’identifiant publicitaire de l’appareil (IDFA). 

Ces annonces ont provoqué l’émoi du monde de la publicité numérique, très dépendant de l’utilisation des données personnelles, provoquant même une brouille d’Apple avec le géant des réseaux sociaux Facebook. En octobre, plusieurs professionnels du marketing avaient déposé une plainte devant l’Autorité de la concurrence en France, lui demandant des « mesures provisoires » pour empêcher Apple de causer avec sa mise à jour « un préjudice grave au secteur de la publicité mobile ». A l’inverse, l’ONG autrichienne NOYB avait porté plainte contre Apple en Allemagne et en Espagne pour avoir laissé jusqu’ici les applications utiliser l’IDFA sans un consentement spécifique.

La rédaction

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Un commentaire

  1. Une solution simple: n’utilisez pas les produits Apple. Chacun a le choix et face à une entreprise sans éthique, il est possible de voter avec ses pieds. Prétendre qu’on a pas le choix est une croyance et un alibi.

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