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Pourquoi la livraison à domicile continue d’accélérer malgré le déconfinement?

AFP

Des invités inattendus, un ingrédient manquant… Une pléthore d’acteurs proposent désormais, à grand renfort de communication, de livrer les courses à domicile en une poignée de minutes dans les grandes métropoles. Un service coûteux et pas évident à rentabiliser. Avenue de la Porte de Saint-Cloud, un parking au pied du Parc des Princes. A l’intérieur, des voitures, mais aussi des vélos de livraison et un « dark store ». C’est ici que mon-marche.fr, la plateforme e-commerce de Grand Frais, a installé l’un de ses deux « ateliers de préparation » parisiens.

Les légumes, fromages, viande ou poisson, brillants et appétissants, sont amenés chaque matin à 3h par camion, avant d’être répartis dans différentes chambres froides en fonction de leur température de conservation préférentielle, préoccupation et atout n°1 de l’enseigne jusqu’ici connue pour ses magasins de périphérie. La vingtaine de salariés passera ensuite de salle en salle avec un chariot pour assembler les commandes, qui seront livrées dans l’ouest parisien et à Boulogne-Billancourt. Un autre entrepôt dessert les arrondissements centraux, et l’objectif est « de pouvoir couvrir tous les Parisiens d’ici fin 2022 », explique Gilles Raison, le directeur général de la plateforme.

Les « dark stores » fleurissent

Le déconfinement n’a pas freiné l’appétit des professionnels pour ce mode de distribution en plein essor, quoiqu’encore très marginal (de l’ordre de 0,5% du total des achats alimentaires, selon le magazine spécialisé LSA). Les « dark stores », ainsi nommés parce qu’ils n’accueillent pas de public, fleurissent dans les grandes métropoles, et notamment à Paris. Gorillas, start-up d’origine allemande promettant la livraison en moins de dix minutes, revendique « 90 dark stores dans plus de 20 villes dans le monde », dont Berlin, Amsterdam, Paris, Londres ou New York.

Flink, autre jeune pousse allemande âgée de quelques mois, prévoit 200 magasins « d’ici à la fin de l’année 2021 » avec son implantation en France, après l’Allemagne et les Pays-Bas. L’entreprise française Cajoo compte 17 « dark stores » à Paris, Lille, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Montpellier. Elle revendique auprès de l’AFP « plusieurs centaines de commandes par jour et par entrepôt » et un panier moyen de 20 à 30 euros. Autre français, Dija revendique également « plusieurs centaines » de commandes dans ses 6 magasins à Paris. D’autres acteurs sont attendus: le russe Yandex travaille à une implantation en France, comme le turc Getir, qui a levé « près d’un milliard de dollars » depuis début 2021 et s’est déjà lancé à Londres puis Amsterdam.

Quel modèle ?

Et il faudrait encore parler des spécialistes de la livraison de repas, Uber Eats ou Deliveroo, qui se sont associés à Franprix ou Carrefour pour proposer également des courses, ou encore Amazon, qui a récemment renforcé son partenariat avec le groupe Casino. Dans ces cas, c’est le stock de magasins ouverts au public qui sert à la préparation de commandes. Il n’y aura pas de place pour tout le monde, et le secteur anticipe déjà une « consolidation ».

La livraison à domicile coûte cher, pour les clients et surtout pour les opérateurs. « Pour les nouveaux entrants, ce n’est pas évident de trouver un modèle économique », glisse Sylvain Gasquet, du cabinet de conseil AlixPartners. « Les entreprises sont dans une logique de captation de clientèle davantage que de réalisation économique », appuie son collègue Axel Culoz. Une fois que l’application de commande sera entrée dans les habitudes, les consommateurs tolèreront peut-être des hausses de tarif…

Pour Gilles Raison, de mon-marche.fr, « le modèle de la livraison est rentable à deux conditions, qu’on essaie de réunir: une densité de commandes importantes », pour livrer beaucoup de clients en un temps réduit. Et « un panier moyen permettant d’absorber le coût de livraison ». « Sur le marché des produits frais, il y a la possibilité d’avoir des paniers assez importants avec des catégories relativement chères au kilo, comme le fromage, la viande ou le poisson », assure-t-il encore. C’est possible également pour la livraison de bouteilles d’alcool, mais moins pour les noix de cajou ou les pâtes par exemple.

La rédaction

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