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FoodTech : Carrefour accélère dans l’e-commerce alimentaire avec le rachat de Dejbox

Porté par la livraison de repas, l’e-commerce alimentaire est en plein essor en France et à l’international. Un marché sur lequel Carrefour entend bien tirer son épingle du jeu. Dans ce sens, le géant français de la grande distribution vient de s’emparer de la start-up nordiste Dejbox, spécialisée dans la livraison de déjeuners. Dans ce cadre, le groupe dirigé par Alexandre Bompard a pris une participation de 60% dans le capital de la jeune pousse. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé.

Fondée en 2015 par Adrien Verhack et Vincent Dupied, Dejbox s’adresse aux employés d’entreprises travaillant en périphérie urbaine, une population que la start-up évalue à plus de 10 millions de personnes en France. «Ils bénéficient très rarement d’un système de restauration collective», estime la société. Pour changer la donne, la jeune pousse française leur livre des repas préparés chez des traiteurs et des restaurants partenaires. 

A la différence de plateformes comme Deliveroo ou Uber Eats, souvent décriées pour le traitement qu’elles réservent à leurs livreurs, qui opèrent sous la bannière d’auto-entrepreneur, Dejbox s’appuie sur 140 préparateurs-livreurs salariés pour acheminer ses repas. Présente à Lille, Lyon, Paris, Bordeaux, Nantes et Grenoble, l’entreprise, qui compte 300 collaborateurs au total, assure livrer chaque mois plus de 400 000 repas dans l’Hexagone à l’heure du déjeuner pour des employés de BNP Paribas, Amazon, KPMG, Nocibé ou encore Pimkie. Dejbox revendique un chiffre d’affaires de plus de 10 millions d’euros en 2018 et visait près du double en 2019. Sur ce segment, la société se positionne notamment face à Nestor, qui livre des repas au bureau dans l’agglomération parisienne. 

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4,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans l’e-commerce alimentaire à l’horizon 2022 

Avec le rachat de Dejbox, Carrefour met les pieds sur le marché de la livraison de repas. Une manière pour le groupe français d’étendre un peu plus son offre dans l’e-commerce alimentaire et de toucher davantage de consommateurs. «Cette acquisition, qui reflète la volonté de Carrefour de devenir le leader du e-commerce alimentaire, est stratégique. Elle va nous permettre d’étendre notre clientèle aux salariés des TPE-PME, et d’investir le segment en forte croissance de la food delivery avec une offre axée sur la qualité et accessible à tous», a déclaré Amélie Oudéa-Castera, la patronne de l’e-commerce et de la transformation digitale de Carrefour depuis novembre 2018. 

Le distributeur français ne fait plus mystère de ses ambitions dans l’e-commerce alimentaire depuis la présentation en janvier 2018 du plan de transformation Carrefour 2022 dans la foulée de l’arrivée d’Alexandre Bompard aux manettes du groupe. Objectif affiché : 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans l’e-commerce alimentaire d’ici 2022 pour porter la part de Carrefour au-delà de 20% en France. Si ce chiffre a été ramené à 4,2 milliards d’euros depuis que Carrefour a décidé de réduire la voilure en Chine, il n’en demeure pas moins ambitieux. 

Quitoque, première acquisition décisive en 2018 

Pour le poids lourd de la distribution française, le chantier à mener pour rattraper son retard est immense, mais commence à porter ses fruits. De 850 millions d’euros de chiffre d’affaires dans l’e-commerce alimentaire en 2017, ce dernier a atteint 1,2 milliard d’euros en 2018. Une progression rendue possible par plusieurs manoeuvres, à commencer par l’acquisition en 2018 de la start-up française Quitoque. Créée en 2014, cette dernière propose la livraison à domicile de paniers-repas à cuisiner. 

Une approche qui permet non seulement au distributeur d’ajouter un maillon supplémentaire à son système de livraison (à domicile, express en une heure, drive, click-and-collect…), mais aussi de mieux connaître les habitudes de ses consommateurs alors que l’alimentation bio a actuellement le vent en poupe dans l’Hexagone. En France, le marché alimentaire bio a ainsi atteint 9,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2018, soit 1,4 milliard de plus par rapport à 2017.

Un partenariat avec Glovo pour couper l’herbe sous le pied de Casino 

Quitoque n’est pas la seule jeune pousse à avoir taper dans l’oeil de Carrefour. C’est aussi le cas de la start-up espagnole Glovo, qui a levé 300 millions d’euros en 2019. Celle-ci n’a pas été rachetée, mais fait l’objet d’un partenariat avec le groupe français. En effet, les deux entités ont décidé d’unir leurs forces l’été dernier pour proposer un service de livraison express à domicile dans quatre pays, dont la France.

Également déployé en Espagne, en Italie et en Argentine, ce dispositif permettra aux clients urbains de disposer d’une solution de dépannage pour se faire livrer des courses alimentaires en seulement 30 minutes, en complément du service de livraison express disponible sur l’application mobile de Carrefour dans l’Hexagone. A noter que ce partenariat met fin à celui à noué en 2016 entre Glovo et Franprix, filiale du rival Casino, Carrefour devenant ainsi en France le partenaire exclusif de la start-up espagnole. 

Une manière pour Carrefour se distinguer face aux autres acteurs de la grande distribution qui multiplient l’ouverture de coins cuisine et restauration dans ses supermarchés. De là à proposer des plats concoctés en magasin sur place et à emporter, il n’y a qu’un pas que Carrefour pourrait bien être tenté de sauter rapidement. 

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Maxence Fabrion

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