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Où en est la French Tech en Europe et dans le monde?

AFP

Levées de fonds records et multiplication des licornes, ces startups dont la valeur est estimée à plus d’un milliard de dollars: les champions de la Tech française ont le vent en poupe, mais ont encore du chemin à parcourir pour s’imposer en Europe et dans le monde.

En levant un demi-milliard de dollars (408 millions d’euros), le spécialiste français de l’analyse du fonctionnement des sites web et applications Contentsquare a atteint mercredi un nouveau palier dans l’histoire de la Tech française, un an après être rentré dans le club fermé des licornes tricolores. Le précédent record pour une start-up non cotée était détenu par le spécialiste français des jeux vidéo Voodoo (400 millions d’euros l’an dernier), suivi du spécialiste des téléphones reconditionnés Back Market (276 millions d’euros levés mi-mai).

« Le phénomène le plus marquant ces 18 derniers mois c’est l’émergence de levées de fonds d’entreprises ayant déjà atteint une taille significative », qui auparavant auraient été revendues, notamment à des sociétés américaines mais qui peuvent aujourd’hui se développer en France analyse Matthieu Lattes, associé du fonds new-yorkais White Star Capital. « On a réussi à créer un écosystème de confiance: des entrepreneurs agiles, ambitieux et talentueux et un écosystème législatif, social et fiscal suffisamment attractif pour les investisseurs. C’est le travail du début de la mandature Macron qui paye », estime l’investisseur.

«Un début de rattrapage» de la Tech française

La French Tech, un label de mobilisation et de promotion des écosystèmes numériques français, avait été lancée dès 2013 par la ministre déléguée à l’Economie numérique, Fleur Pellerin, sous la présidence de François Hollande. Depuis, les start-up ont grandi et les récentes levées de fonds attestent de l’accélération de la French Tech: sur les dix plus gros tours de table du secteur en France, huit ont eu lieu depuis début 2020.

« La France s’en tire bien au sein de l’Europe », notamment grâce aux éditeurs de logiciels, mais le Royaume-Uni ou l’Allemagne continuent de faire la course en tête selon Guillaume Bonneton, associé en France de la banque d’affaires basée à Londres GP Bullhound. Si les entreprises de la Tech britannique « sont parties plus tôt et sont un cran au dessus », il y a « un début de rattrapage » de la Tech française, notamment sur l’Allemagne, selon lui. Mais pour peser en Europe et dans le monde, les licornes tricolores, un peu plus d’une dizaine aujourd’hui, ont encore du chemin à parcourir. Elles ne représentent que 5% environ des licornes en Europe alors que l’Hexagone « devrait être à 15-20% », si l’on se base sur la richesse produite par le pays, estime M. Bonneton.

«Le marché européen gagne en maturité»

Et la France est encore loin des champions européens, parmi lesquels le suédois Spotify ou le néerlandais Adyen, dont les valorisations s’élèvent à plusieurs dizaines de milliards de dollars. A l’échelle mondiale, le secteur de la Tech reste dominé par les États-Unis et l’Asie et aucune entreprise européenne ne figure dans le top 10 mondial. Mais « le marché européen gagne en maturité » et « intéresse beaucoup les fonds américains et asiatiques », selon Matthieu Lattes de White Star Capital, pour qui l’Europe a des raisons d’y croire. « Il y a cinq ans, l’univers des licornes était essentiellement concentré dans la Silicon Valley et un peu en Chine. Aujourd’hui, il y a près de 200 licornes en Europe », fait-il valoir.

La France a sa carte à jouer. Longtemps perçue comme un marché de sociétés tech essentiellement destinées aux professionnels, elle a vu ces dernières années l’émergence de start-up tournées vers le grand public, au premier rang desquelles Voodoo, Back Market ou encore Blablacar. Reste encore, selon M. Lattes, à mettre en place « un marché européen des introductions en Bourse » de ces startup, qui se tournent aujourd’hui surtout vers les places américaines.

La rédaction

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