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Raphaël Vullierme (Luko) : «L’assurance a 5 à 10 ans de retard sur la banque»

Interview de Raphaël Vullierme, co-fondateur et CEO de Luko

Après la vague des néobanques qui a obligé les banques traditionnelles à accélérer leur transformation digitale, les néoassurances vont-elles réussir le même tour de force face aux assureurs historiques ? Oui veut croire Raphaël Vullierme, co-fondateur et CEO de Luko, jeune pépite française qui s’attèle à dépoussiérer l’assurance habitation. L’AssurTech est encore loin d’être à la hauteur de la FinTech, mais son décollage ne fait plus aucun doute. «On est au tout début de l’innovation dans l’assurance», estime Raphaël Vullierme. «Nous sommes partis pour 15 à 20 ans d’un cycle d’innovations extrêmement fortes dans l’assurance, et plus largement dans le logement», ajoute-t-il.

Écoutez notre entretien avec le co-fondateur de Luko :

Cette vague numérique qui s’apprête à déferler sur le secteur de l’assurance n’est pas le fruit du hasard. Et pour cause, elle est amplifiée par l’Internet des objets et l’intelligence artificielle, deux révolutions majeures qui vont permettre de faire émerger une nouvelle génération d’assurances centrées sur la prévention, et non plus la réaction.

Cette approche proactive, Luko l’imagine depuis quatre ans maintenant. D’ailleurs, à ses débuts en 2016, Luko était une entreprise exclusivement positionnée sur le marché de la Smart Home. La première solution de la société a en effet pris la forme d’un petit boîtier qui se colle sur le compteur électrique pour détecter automatiquement tous les appareils électriques de la maison, et ainsi savoir quand et comment ils consomment de l’énergie, de manière à améliorer la protection du domicile du client.

50 millions d’euros pour développer une approche proactive en Europe

Si par la suite la société s’est concentrée sur son produit d’assurance habitation pour se faire une place sur un marché qui pèse 10 milliards d’euros en France, elle entend s’appuyer, un an après sa série A de 20 millions d’euros, sur son récent tour de table de 50 millions d’euros mené par EQT Ventures pour développer de nouveaux services permettant d’empêcher des accidents avant qu’ils ne surviennent. Dans ce sens, Luko a d’ores et déjà lancé Docteur House, un service de téléconsultation du foyer qui permet d’établir un bilan de santé du logement à distance.

Outre de nouvelles fonctionnalités dans ses cartons, Luko rêve aussi d’Europe. Initialement prévue en 2020, son expansion sur le Vieux Continent a été reportée à 2021 à cause de la crise du coronavirus, qui a mis à rude épreuve la start-up pendant le premier confinement avec une croissance divisée par six avant de rebondir. Revendiquant 100 000 assurés dans l’Hexagone, la société se dit désormais prête pour s’attaquer à un marché européen pesant 100 milliards d’euros, sous l’œil vigilant des mastodontes historiques, comme Allianz et Axa, et de start-up concurrentes, à l’image de Lovys, Leocare ou encore Lemonade, start-up américaine ambitieuse qui vient de débarquer en France. Mais au-delà de la rivalité entre nouveaux acteurs et groupes traditionnels, Raphaël Vullierme estime qu’il est temps de redorer le blason d’un secteur qui a mauvaise réputation : «Le meilleur assureur qu’on peut souhaiter, c’est un assureur qui fait en sorte qu’on n’ait pas de problèmes.» Personne ne le contredira…

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