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Eight Roads lance un fonds de 450 millions de dollars pour contribuer à l’envol des licornes européennes

Interview de Lucile Cornet, Partner chez Eight Roads

Les fonds d’investissement européens se mettent en ordre de bataille pour accompagner la montée en puissance des scale-up du Vieux Continent. C’est le cas notamment d’Eight Roads qui annonce aujourd’hui un nouveau fonds de 450 millions de dollars pour propulser les pépites européennes et israéliennes, de manière à les transformer en géants techniques capables de rivaliser avec les mastodontes américains et chinois. Eight Roads s’était d’ailleurs distingué dès 1999 en investissant dans Alibaba, qui est devenu un géant un peu trop encombrant pour Pékin.

Avec ce nouveau véhicule d’investissement, lancé plus de trois ans après un fonds de 375 millions de dollars, la société de capital-risque basée à Londres prévoit d’investir dans 15 à 20 nouvelles scale-up opérant dans des secteurs comme le SaaS, la FinTech ou encore la santé. Dans ce cadre, Eight Roads compte injecter des tickets compris entre 5 et 50 millions de dollars pour accompagner les entreprises sélectionnées «dans leurs années d’adolescence», indique Lucile Cornet, Partner au sein de la structure qui a notamment investi dans Spendesk et Owkin en France.

Aux premières loges de la mutation de l’écosystème technologique européen depuis sa création en 2010, Eight Roads, qui atteint les 8 milliards de dollars d’actifs sous gestion dans le monde avec ce closing, met sur orbite ce nouveau fonds dans une période qui fait office de tournant pour toute la Tech européenne. «C’est un privilège de lancer notre nouveau fonds en cette période où il y a tant d’énergie entrepreneuriale en Europe», fait d’ailleurs remarquer Davor Hebel, Managing Partner et à la tête d’Eight Roads Europe. «Les prochaines années vont être cruciales et vont continuer de démontrer que la France et l’Europe peuvent créer des géants technologiques de premier plan», complète Lucile Cornet.

Écoutez notre échange avec Lucile Cornet concernant le financement des scale-up européennes :

1,3 milliard d’euros levés en moins de 48 heures dans la French Tech 

Après une année 2020 durant laquelle la Tech européenne a démontré toute sa rélience, notamment grâce à des secteurs comme l’e-commerce, la santé connectée, la FinTech ou encore le software qui ont été les grands gagnants de la crise du coronavirus, l’euphorie gagne la sphère des start-up du Vieux Continent. Les liquidités ne cessent d’affluer sur le marché et de nombreuses scale-up bénéficient de ce vent de folie pour boucler des méga-levées de fonds leur permettant d’accéder au cercle tant convoité des licornes.

La France est l’exemple le plus frappant en Europe. En atteignant les 5,14 milliards d’euros injectés dans les start-up tricolores au premier semestre, selon le baromètre EY du capital-risque en France, la French Tech avait quasiment égalé sa performance sur la totalité de l’année 2020 (5,39 milliards d’euros). Bien partie pour franchir la barre des 10 milliards d’euros levés à la fin de l’année, la Tech française a pulvérisé tous les records fin septembre avec 1,3 milliard d’euros levés en moins de 48 heures dans le cadre de quatre opérations : Sorare (580 millions d’euros), Mirakl (473 millions d’euros), Vestiaire Collective (178 millions d’euros) et Sunday (85 millions d’euros).

IPO : l’Europe face à l’attractivité de Wall Street

Désormais capables de boucler des tours de table à plus de 100 millions d’euros, voire un demi-milliard d’euros, les start-up françaises et européennes sont désormais confrontées à un nouveau défi : entrer en Bourse sur le Vieux Continent. Face à Wall Street, qui drague des pépites comme Contentsquare, le combat s’annonce difficile mais pas impossible. En France, Believe et prochainement OVHcloud montrent la voie, alors que le gouvernement, qui a fixé un objectif de 25 licornes en 2025 (un cap qui sera largement dépassé), se fixe désormais pour ambition d’envoyer une start-up de la French Tech au CAC 40 d’ici 2025. A un horizon plus large, Emmanuel Macron, qui joue sa place à l’Élysée au printemps 2022, rêve d’avoir dix «super licornes», soit des start-up valorisées à 100 milliards de dollars, d’ici 2030.

Pour y parvenir, la France et l’Europe vont devoir se doter de réseaux financiers plus robustes, capables de lutter avec les mastodontes américains et asiatiques. Ces derniers montent en puissance dans l’Hexagone, à l’image du géant japonais SoftBank, qui a misé sur Sorare, Vestiaire Collective et Contentsquare, ou du fonds américain Silver Lake qui a mené le dernier tour de table de Mirakl. L’enjeu est donc de progresser sur le segment late-stage sur le Vieux Continent pour inciter les pépites européennes à s’introduire en Bourse en Europe. «Adyen, Spotify, Darktrace et Deliveroo ont ouvert la voie pour des introductions en Bourse de taille. On a tout ce qu’il faut pour créer un écosystème avec beaucoup de succès», estime Lucile Cornet. A ses yeux, «créer une société valorisée plus de 100 milliards de dollars en Europe» serait un signal fort pour tout l’écosystème.

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