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[CES 2020] Santé : quelles sont les innovations à retenir ?

L’arrivée de la 5G et les progrès de l’intelligence artificielle vont considérablement élargir le champ des possibles dans la santé. Par conséquent, il n’est pas étonnant de voir que ce secteur est l’un des plus représentés cette année dans les allées du CES de Las Vegas. Preuve de sa vitalité, il y a 25% d’exposants supplémentaires par rapport à 2019 sur le segment santé et bien-être. 

De plus, pour la onzième année consécutive, le CES accueille le Digital Heath Summit. Véritable salon dans le salon, cet événement permet de réunir les différents acteurs du secteur pour mettre en avant les innovations dans l’univers médical et débattre autour de thématiques, comme la régulation de l’e-santé, l’apport de l’intelligence artificielle dans le secteur ou encore les craintes soulevées par le big data. 

En matière de santé connectée, la France est encore une fois largement représentée dans le capitale mondiale du divertissement avec un contingent d’une cinquantaine de start-up dans le secteur de la santé dans les rangs de la délégation tricolore. Parmi elles, 35 ont fait le voyage jusqu’au Nevada dans les bagages de Business France et de la French Tech. En 2019, la santé était déjà le secteur le plus représenté chez les acteurs de la Tech française. 

Withings s’attaque à l’apnée du sommeil 

Sans surprise, les forces en présence au CES, qu’elles soient françaises ou internationales, proposant bandeaux et casques connectés, montres intelligentes et autres trackers pour améliorer la qualité de votre sommeil. La tendance n’est pas nouvelle, mais le marché à exploiter est immense dans la mesure où ce que l’on appelle désormais le «mal du siècle» touche environ 30% de la population mondiale. Si la start-up française Dreem avait déjà marqué les esprits à Las Vegas par le passé avec son bandeau connecté pour faciliter l’endormissement et améliorer la qualité du sommeil profond, c’est Withings, une autre figure bien connue de l’écosystème français qui espère séduire d’éventuels investisseurs et clients étrangers. 

Revenue sur le devant de la scène l’an passé à Las Vegas, après deux années laborieuses dans le giron de Nokia, la société française spécialisée dans les objets connectés avait présenté un tensiomètre et une montre permettant de réaliser un électrocardiogramme. Dans la lignée de ces produits, Withings présente cette année au CES une nouvelle «smart watch» encore plus avancée, qui s’intéresse notamment à votre sommeil. 

Baptisée «ScanWatch», elle est non seulement capable de mesurer l’activité électrique du coeur, comme la Move ECG l’an passé, mais aussi de détecter la fibrillation auriculaire et l’apnée du sommeil. Dans ce cadre, cette nouvelle montre embarque un capteur pour mesurer le taux d’oxygène dans le sang, car un manque d’oxygène est l’un des symptômes de l’apnée du sommeil. Un dispositif récompensé par trois CES Innovation Awards qui s’inscrit dans la lignée de nouveaux produits et services qui doivent permettre de basculer vers l’ère de la médecine personnalisée et prédictive.

Les écouteurs plus efficaces que les montres connectées?

Le rythme cardiaque constituant une mine d’informations sur votre forme physique, il est logiquement dans le viseur de nombreuses start-up. C’est notamment le cas de l’Américain Valencell, spécialisé dans les capteurs intégrés dans les montres, les téléphones et même les écouteurs pour surveiller votre pouls. 

Contrairement à pléthore de sociétés qui misent sur le poignet et des montres connectées pour collecter des informations sur votre activité physique, Valencell estime de son côté que l’oreille est le meilleur endroit pour mesurer la pression artérielle, car elle offre un flux sanguin plus conséquent et une lecture de la fréquence cardiaque plus riche. 

Dans ce contexte, la société a développé une paire d’écoutes qui permet de mesurer la pression artérielle. Cette approche pourrait amener un changement de paradigme dans l’écosystème des wearables, qui fait pour l’instant la part belle aux montres connectées. Le manque de résultants probants de ces dernières pourrait inciter Apple, jusque-là habitué à commercialiser ses Apple Watch, et Google, qui a mis la main sur Fitbit fin 2019 pour 2,1 milliards de dollars, à emprunter cette voie, d’autant plus que les AirPods, les écouteurs sans fil d’Apple, sont le nouvel accessoire à la mode. 

Moon, MyEndoApp, Hygia… : ces start-up françaises au secours des patients 

Toujours au CES de Las Vegas, des solutions permettant de faciliter le quotidien des patients sont mises en avant. De nombreuses start-up françaises vont tenter de tirer leur épingle du jeu en la matière. C’est notamment le cas de Moon, une plateforme de télésurveillance du diabète, de MyEndoApp, une application de dépistage et de suivi et de l’endométriose, ou encore de la jeune pousse toulousaine Hygia. 

Cette dernière a développé une application, qui fait office de carnet de santé numérique dans lequel le patient peut intégrer des informations médicales et les partager avec son médecin traitant. Cette application est couplée à un fauteuil connecté, installé dans les pharmacies ou les salles d’attente des cabinets médicaux, avec lequel le patient peut lui-même prendre sa tension et sa température, mesurer son rythme cardiaque ou encore connaître son poids, de manière à faire gagner du temps au médecin. Hygia espère déployer son dispositif auprès de 15 000 personnels de santé à l’horizon 2025.

La MedTech à l’aube d’une révolution avec la 5G ?

Enfin, il n’est pas seulement question d’e-santé dans les allées du CES, mais aussi de MedTech. En effet, la fin des années 2010 a permis d’assister à l’émergence de nouvelles technologies pour dépister plus facilement et rapidement des maladies, comme le cancer du sein à l’image de ce que pratique la start-up française Therapixel avec l’intelligence artificielle, ou pour aider les chirurgiens à s’entraîner à opérer grâce à l’apport de la réalité virtuelle et augmentée. 

A Las Vegas cette année, c’est le casque Nirsit du Coréen Obelab qui a retenu notre attention. Et pour cause, il permet de faire l’équivalent d’une IRM fonctionnelle du cerveau avec des applications diverses dans la santé. Ce n’est pas une surprise tant la Corée du Sud est devenue un acteur majeur en matière d’imagerie médicale. Les progrès dans ce secteur vont permettre de simplifier grandement la tâche des praticiens, et surtout des neurochirurgiens, qui doivent opérer avec la plus grande précision possible. Figurant dans le Top 3 des pays les plus en pointe en ce qui concerne le déploiement de la 5G, la Corée du Sud pourrait rapidement présenter de nouvelles innovations médicales dans ce cadre. En effet, la 5G va notamment permettre des avancées, comme la chirurgie à distance qui nécessite des très hauts débits et une latence ultra-faible pour ne pas mettre la vie des patients en danger. Rendez-vous en 2021 à Las Vegas pour découvrir les progrès dans ce sens…

Lire aussi : Retrouvez notre bilan de l’e-santé en 2019 avec Virginie Femery, Christophe Dufour et Jérôme Leleu

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Maxence Fabrion

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